Bilan hormonal de fertilité chez la femme: quel est le taux normal?

Par (embryologiste) et (invitra staff).
Dernière actualisation: 18/07/2017

Le bilan hormonal est réalisé par prise de sang afin d'étudier le niveau d'hormones féminines chargées de réguler le cycle ovarien et de pouvoir déterminer leur influence sur la fertilité. Les hormones principales qui sont analysées sont: progestérone, FSH, LH, oestradiol, hormone anti-müllérienne, prolactine et TSH.

Associé à une échographie intra-vaginale, le bilan hormonal permet de définir l'état de la réserve ovarienne de la femme. Cette dernière est utile afin de déterminer son potentiel de fertilité, car elle fait référence à la quantité totale d'ovocytes que possède une femme.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Analyse des hormones féminines

Le cycle menstruel est régulé par l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien.

Toute anomalie ou irrégularité qui affecte la libération d'hormones de cet axe peut causer des troubles du cycle menstruel et donc, des problèmes de fertilité féminine.

Il existe deux parties de cette régulation qui se différencient clairement: l'étape hypothalamo-hypophysaire et l'étape ovarienne.

Les hormones hypophysaires (FSH et LH) activent la libération d'hormones ovariennes (oestradiol et progestérone) qui exercent leur action sur l'utérus et sur l'hypohyse. De cette manière, les hormones hypophisaires s'activent ou se bloquent, permettant ainsi la fermeture du cycle.

C'est ce qu'on appelle le rétrocontrôle hormonal ou rétroaction hormonale.

Hormones hypophysaires

Les hormones folliculo-stimulante (FSH) et l'hormone lutéinisante (LH) sont les hormones sexuelles principales de la femme sécrétées par l'hypophyse. La TSH et la prolactine sont aussi des hormones libérées par l'hypophyse ou glande pituitaire, influencées par le cycle ovarien. Voici la fonction de chacune d'elles:

Hormone Folliculo-stimulante (FSH)
il s'agit d'une gonadotropine qui agit sur l'ovaire, favorisant le développement et la maturité des follicules ovariens (petits sacs où grandissent et mûrissent les ovocytes).
Hormone lutéinisante (LH)
c'est une gonadotropine hypophysaire en charge de la maturité folliculaire, l'ovulation (sortie de l’ovule), le début du corps lutéal ou corps jaune (follicule vide après ovulation) et sa sécrétion de progestérone.
Hormone stimulante de la thyroïde (TSH)
c'est une hormone libérée par la glande pituitaire qui agit sur la glande thyroïde, en la modérant.
Prolactine
cette hormone est particulièrement importante pendant la grossesse. Elle stimule la production de lait dans les glandes mammaires et la synthèse de progestérone dans le corps lutéal.

Hormones ovariennes

L'ovaire, encouragé par les hormones hyphophysaires, commence la libération d'hormones comme les hormones suivantes, essentielles pour compléter le cycle ovarien:

œstradiol (E2)
c'est une hormone œstrogénique qui parmi d'autres fonctions du développement sexuel, active la libération de LH, et induit ainsi l'ovulation. De plus, associé à la progestérone, il intervient dans la préparation de l'endomètre pour l'implantation embryonnaire. Pendant le cycle menstruel, il est libéré par le follicule en croissance.
Progestérone (P4)
il s'agit d’une hormone stéroïde, libérée principalement par le corps lutéal ou corps jaune et la placenta (en cas de grossesse) qui agit pendant la seconde phase du cycle menstruel en préparant l'endomètre pour l'implantation embryonnaire. Elle est aussi chargée de maintenir l'endomètre pendant la grossesse. Si elle n'est pas produite, son niveau descend et cause l'expulsion de l'endomètre lors de la menstruation.
Hormone anti-müllérienne
ce sont les cellules de la granula qui la sécrètent dans l'ovaire durant la vie reproductive de la femme. Elle joue un rôle essentiel dans la formation et développement des follicules. Elle s'utilise comme indicateur de la réserve ovarienne.

Vous pourrez trouver plus d'informations sur cet article: La réserve ovarienne.

Valeurs hormonales normales

Afin que le cycle ovarien de la femme permette l'ovulation et donc la fécondation et la grossesse, il est essentiel que le système hormonal féminin soit bien régulé. La manière de contrôler que la régulation soit correcte est de mesurer le niveau d'hormones sexuelles dans le sang et de les comparer avec les valeurs de référence normales.

L'étude des hormones reproductrices doit se réaliser le 2eme ou 3eme jour du cycle, sauf dans le cas de la progestérone qui doit être étudiée le jour 21.

FSH
la FSH aide à déterminer l'état de la réserve ovarienne. Un niveau entre 3 et 9 mUI/ml est signe de réserve ovarienne de qualité. Des valeurs de FSH en-dessous de 6 indiquent une excellente réserve ovarienne, entre 6 et 9 de bonne qualité, et entre 10 et 13 elle est un signe de réserve ovarienne faible. Au-dessus de 13 mUI/ml, la réserve ovarienne est considérée comme très faible.
LH
son taux doit être situé entre 2 et 10 mUI/ml. L'augmentation de la LH au-dessus de 20 mUI/ml est un signe d'ovulation imminente. Associé à la progestérone, elle aide à déterminer si l'ovulation se produit normalement.
TSH
elle doit présenter des valeurs entre 0.2 et 4.7 mUI/ml lors du troisième jour du cycle. Des taux supérieurs ou inférieurs indiquent de l'hyper ou de l'hypothyroidie. Ces deux troubles peuvent influencer négativement l’ovulation et donc la fertilité.
œstradiol
ses taux au début du cycle peuvent aller de 27 pg/ml jusqu'à 161 pg/ml environ. Des taux inférieurs à 50 pg/ml sont les valeurs idéales chez la femme fertile. Des niveaux anormalement élevés peuvent indiquer la présence d'un kyste ou d'une faible réserve ovarienne.
Progestérone (P4)
les taux normaux de progestérone au jour 21 du cycle doivent se situer entre 5 et 20 ng/ml pour confirmer que l'ovulation s’'st produite. Le taux idéal étant supérieur à 10 ng/ml. Le jour 3, la progestérone doit être inférieure à 1.5 ng/ml.
Prolactine
chez les femmes qui ne sont pas enceintes, les taux oscillent entre 0 et 20 ng/ml, quant aux femmes enceintes, ils vont entre 10 et 300 ng/ml. Des taux hors grossesse supérieurs à 80 ng/ml indiquent un mauvais fonctionnement de l'hypophyse qui peut être dû à une tumeur ou à un SOP (syndrome d’ovaires polykystiques). Il est important de souligner que des niveaux particulièrement élevés de prolactine (hyperprolactinémie) entraînent un dérèglement hormonal et donc un trouble de l'ovulation.
AMH
des taux entre 0.7-1 et 3.5 ng/ml sont considérés comme normaux, tandis que s'ils sont inférieurs à 0.7-1 ng/ml, ils indiquent une réserve ovarienne faible. Des taux supérieurs à 3.5 ng/ml peuvent indiquer un développement ovarien excessif et de ce fait la stimulation ovarienne doit se faire avec précaution lors des traitements de procréation assistée.

Autres hormones

Bien que ces hormones ne soient pas aussi souvent analysées, dans certains cas elles sont utiles pour le diagnostic de problèmes de fertilité.

Tri-iodothyronine (T3)
elle aide à évaluer la fonction thyroidienne. Son taux au troisième jour doit se situer entre 1.4 et 4.4 pg/ml environ.
Thyroxine (T4)
entre 0.8 et 2 ng/dl, les taux sont normaux. Des taux excessivement bas peuvent indiquer un mauvais fonctionnement de la glande thyroide ou un mauvais fonctionnement de l'hypophyse.
Testostérone totale (T)
les taux normaux chez la femme se situent entre 24 et 47 ng/dl. Des taux élevés peuvent indiquer un syndrome d'ovaires polykystiques (SOP).
Inhibine B
des taux inférieurs à 45 pg/ml peuvent être signes de troubles de réserve ovarienne ou de mauvaise réponse à la stimulation.

Vos questions fréquentes

Est-ce grave si l'hormone de progestérone est inférieure aux taux de référence au jour 21 ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

Un faible taux de progestérone au jour 21 du cycle peut indiquer que l'ovulation (sortie de l'ovocyte de l'ovaire) n'a pas eu lieu et donc, que la grossesse ne sera pas possible.

L'hormone anti-müllérienne si elle est basse indique-t-elle une faible réserve ovarienne ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

Oui, même s'il est nécessaire de le vérifier grâce à des examens complémentaires de la réserve ovarienne comme l'analyse FSH ou le comptage des follicules antraux par échographie intra-vaginale.

Le niveau d'hormones féminines est-il influencé par l'anxiété ou le stress ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

Oui, le stress et l'anxiété peuvent influencer le système hormonal et donc, affecter le fonctionnement du cycle menstruel.

Quand doit-on faire un bilan hormonal pour étudier la fertilité ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

L'idéal est de faire un examen de FSH, LH et œstradiol le troisième jour du cycle menstruel, à savoir le troisième jour après le début des règles. La progestérone doit être analysée le jour 21 du cycle. L’examen de l’hormone anti-müllérienne peut se faire à n’importe quel moment du cycle, car son taux ne varie pas.

À quoi servent les hormones féminines injectables ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

Les injections d'hormones féminines sont utilisées en procréation assistée afin de contrôler le cycle reproducteur et pouvoir optimiser le processus de stimulation ovarienne appliqué lors de traitements de fertilité pour de meilleurs résultats.

Quel est le bilan hormonal de la femme préménopausée ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

Après 40 ans, beaucoup de femmes se plaignent de cycles irréguliers ou de la disparition de leurs règles. Une fois le diagnostic toujours possible de grossesse éliminé, se pose la question de savoir si cette période d'aménorrhée (absence de règle) est due à un simple dérèglement hormonal transitoire ou bien si c'est un début de ménopause. Une prise de sang permettra de trancher.

Arrivée à la ménopause, les ovaires cessent de produire les oestrogènes et la progestérone. Leurs taux baissent donc de manière très significative dans le sang. Du coup, constatant ces carences hormonales, l'hypophyse se met à sécréter de grosses quantités de FSH et de LH pour tenter de stimuler les ovaires. Ainsi les taux de FSH et de LH montent de façon très importante dans le sang de la femme en période de ménopause.

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Bibliographie

Auteurs et collaborateurs

 Andrea Rodrigo
Andrea Rodrigo
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitario en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale. En savoir plus sur Andrea Rodrigo
Adapté au français par:
 Marie Tusseau
Marie Tusseau
inviTRA Staff
Directrice éditoriale de la revue inviTRA en français et en anglais. En savoir plus sur Marie Tusseau

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