Coronavirus : l’impact de l’état d’alerte sur la PMA

Par (embriologue), (gynécologue) et (invitra staff).
Dernière actualisation: 20/03/2020

La crise du coronavirus est à l'origine d'une crise sans précédent en France. Ce virus, qui a causé le confinement de la population française toute entière du fait de sa vitesse de propagation élevée, va changer notre façon de vivre, de travailler et de communiquer au cours du prochain mois.

Malgré la récente découverte du virus fin décembre, chaque jour de nouvelles informations nous parviennent sur l'impact qu'auront le coronavirus et la quarantaine sur les femmes enceintes et les patientes ayant entamé un traitement de PMA.

Cet article rassemble le peu d'informations existantes sur le coronavirus et son impact sur les femmes souhaitant débuter une grossesse, oú les personnes ayant entamer un traitement de PMA selon les recommandations de l’agence de biomédecine.

Qu'est-ce que le coronavirus ?

Aujourd'hui, tout le monde sait ce qu'est le coronavirus. Cependant, peu nombreux sont ceux qui savent que ce virus s'appelle en réalité SARS-CoV-2.

Coronavirus est le nom donné à une famille de virus touchant principalement les animaux. Certains de ces virus sont transmissibles à l'Homme. Cette capacité de transmission de l'animal à l'Homme est appelée la zoonose.

Le nom coronavirus remonte aux années 1960 lorsque ce type de virus a pour la première fois été observé au microscope.

Les coronavirus ont un aspect en couronne, forme caractéristique de ce virus. Ce halo nous rappelle la couronne solaire que l'on observe lorsque l'on regarde les étoiles ou le soleil, que l'on appelle la couronne solaire.

Le nouveau coronavirus est apparu pour la première fois en décembre 2019 dans la ville de Wuhan en Chine. Ce virus s'est propagé à travers l'Asie jusqu'à atteindre l'Europe où l'infection s'est propagée principalement en Italie et en Espagne.

Le mercredi 11 mars, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qualifie l'épidémie de coronavirus de pandémie, du fait de sa rapide propagation.

La forte augmentation journalière des cas de COVID-19 qui se produit en France depuis la fin du mois de février, a amené l'État à prendre des mesures pour arrêter la propagation du virus. C'est pourquoi le confinement total de la population a été déclaré suite à l’allocution du Président le lundi 16 mars 2020.

Le non-respect de cette mesure est désormais sanctionné par une amende. Les déplacements sont interdits sauf dans les cas suivants et uniquement à condition d'être munis d'une attestation pour : aller au travail, faire ses achats de première nécessité, se rendre auprès d’un professionnel de santé, se déplacer pour la garde de ses enfants ou pour aider les personnes vulnérables à la stricte condition de respecter les gestes barrières, Faire de l’exercice physique uniquement à titre individuel, autour du domicile et sans aucun rassemblement.

La maladie engendrée par le SRAS-CoV-2 est appelée COVID-19, et présente une symptomatologie très caractéristique chez les patients atteints que nous allons voir ensuite.

Les symptômes du COVID-19

Avant toute chose, soulignons que certains patients atteints par ce virus peuvent être asymptomatiques ou ne présenter que des symptômes mineurs. C'est le cas pour la majorité des enfants et également une partie de la population adulte. Cette partie de la population ne va donc pas se soumettre à un test de dépistage. C'est pourquoi toutes les données dont nous disposons quant aux symptômes de cette maladie ont été collectées auprès de personnes ayant effectué un test de dépistage du COVID-19.

Selon les données publiées par le ministère de la Santé, 80 % des patients malades et testés positifs au COVID-19 ne présentent que des symptômes sans gravité. Toutefois, les 20 % restants peuvent présenter de graves complications. Les symptômes les plus courants sont les suivants :

  • Fièvre
  • Toux
  • Fatigue
  • Difficulté à respirer

Les personnes plus fragiles peuvent être atteintes de complications pulmonaires telles qu'une forme de pneumonie touchant d'autres parties du corps. Cette maladie respiratoire touche les deux poumons et entraîne des difficultés à respirer normalement.

La transmission du coronavirus

Le COVID-19 se transmet par voie aérienne à cause de micro-goutelettes que les malades répandent en toussant et en éternuant. Une personne saine peut être infectée si ces micro-goutelettes entrent en contact avec le nez, les yeux ou la bouche.

Il convient de noter que ce nouveau coronavirus est très contagieux et que les autorités recommandent de se tenir à une distance d'au moins 2 mètres des personnes infectées ou qui présentent des symptômes pour tenter d'empêcher sa propagation.

Période d'incubation du coronavirus

Selon les données officielles du Ministère de la Santé, la période d'incubation du coronavirus peut aller jusqu'à 14 jours après l'exposition.

Cela s'explique par la capacité du virus à survivre sur des surfaces inertes. Le coronavirus peut être actif sur une surface inerte jusqu'à 9 jours après y avoir été déposé. Le coronavirus peut ainsi survivre facilement pendant plusieurs jours sur des surfaces métalliques, telles que des poignées de porte ou des rampes d'escalier, en attendant d'être transmis à un nouvel hôte touchant cette surface.

Traiter le coronavirus

Il n'existe à ce jour pas de traitement contre ce virus. Aujourd'hui, les entreprises pharmaceutiques se sont lancées dans une course pour développer un vaccin efficace contre le SARS-CoV-2.

Les traitements habituellement utilisés sont destinés à pallier et à contrôler les symptômes du COVID-19.

Les antibiotiques ne traitent pas ce type de maladie car il s'agit d'une infection virale et non bactérienne.

Les gestes de prévention contre le coronavirus

Afin de prévenir la propagation du coronavirus, il est essentiel de savoir comment s'en protéger. Par conséquent, le respect de certaines règles d'hygiène nous aidera à prévenir cette maladie et à éviter sa propagation :

  • Se laver souvent les mains
  • Ne pas se toucher le visage
  • Tousser et éternuer dans le coude
  • Utiliser des mouchoires jetables
  • S'isoler en cas d'apparition de symptômes

Le Coronavirus et les traitements de PMA

Épidémie de coronavirus et confinement obligent, nombre d’opérations chirurgicales et de consultations ont ou vont être annulées dans la prochaine quinzaine de jours, voire davantage.

De fait, les couples en parcours de procréation médicalement assistée (PMA) s’interrogent, à juste titre, sur le maintien ou non de leur prise en charge.

Dans un document daté du 14 mars, l’agence de biomédecine détaille ses recommandations quant au maintien ou non des procédures de PMA.

L’agence préconise de « reporter les activités cliniques et biologiques d’AMP pour les prises en charge NON DEBUTÉES quelle que soit la technique (FIV, TEC, IA, don d’ovocytes, préservation de fertilité non urgente). »

Un report des activités d’AMP pour les prises en charges qui n’ont pas encore été débutées est donc recommandé pour toutes les techniques de procréation médicalement assistée utilisées.
Cette nouvelle situation que traverse l'Espagne laisse des milliers de couples en plein traitement et ne sachant pas que faire ou comment agir, dans l'ombre. Par conséquent, la Société espagnole de fertilité (SEF) a publié un communiqué déclarant ce que suit :

Les patientes en cours de traitement

En ce qui concerne les patientes en cours de traitement les recommandations sont les suivantes : « pour les patientes en cours de traitement de stimulation, non atteintes par Covid-19, il est envisageable de poursuivre [le traitement] afin de congeler les ovocytes ou les embryons et reporter le transfert embryonnaire après l’épidémie.

Toutefois, si l’un des membres du couple présente des symptômes de la maladie, une suspension du traitement est recommandée.

Quant aux activités de don, l’agence de biomédecine préconise de « reporter le don d’ovocytes pour éviter une stimulation en période épidémique ». Il en va de même pour le recueil des spermatozoïdes : « il est envisageable que le recueil des spermatozoïdes en vue d’un don soit reporté après l’épidémie. Cette activité est à apprécier selon les capacités organisationnelles des établissements. »
De plus, les procédures de préservation de la fertilité ne doivent être réalisées qu’en cas d’urgence, notamment dans le cas d’un traitement pour le cancer.

Grossesse et Coronavirus

Heureusement, il n'a pas été prouvé que les femmes infectées par le coronavirus peuvent transmettre la maladie à leurs bébés.

Des études menées pendant l'épidémie en Chine ont montré que les bébés nés de mères infectées étaient exempts du virus à la naissance. En outre, la présence du virus n'a pas été observée dans le liquide amniotique, le cordon ombilical ou le lait maternel.

C'est pourquoi l'OMS soutient que les femmes enceintes ne semblent pas courir un risque plus élevé que les autres patients de développer des complications liées au COVID-19.

Les patientes qui sont actuellement enceintes peuvent être rassurées, car aucun effet tératogène ou malin n'a été constaté sur le bébé. Cela signifie que le coronavirus ne provoque pas de malformations chez les bébés des femmes enceintes infectées.

Bien que les données sur les femmes enceintes et les femmes infectées par le coronavirus soient très prometteuses, elles doivent continuer à se protéger de la même manière que le reste de la population.

Prudence et précaution sont donc de mise dans cette situation si la femme est enceinte.

La situation dans d’autres pays

A l´heure actuelle, certains pays européens comme l’Espagne ferment leurs frontières terrestres. D’autres pays comme la Pologne, la Lituanie ou le Danemark ont annoncé la fermeture totale de leurs frontières aux voyageurs étrangers. Il est donc préférable de ne pas débuter de nouveaux traitements de PMA dans d’autres pays, leur situation étant similaire à celle de la France.

Le cas de l’Espagne

L’état d’urgence a été déclaré en Espagne le 14 mars 2020 afin d’enrayer la propagation du virus. Au vu du confinement mis en place par Décret Royal 463/2020, tous les citoyens doivent rester chez eux pour une période d’au moins 15 jours. Tout comme en France, les seuls déplacements autorisés sont pour aller faire des courses ou se rendre chez le médecin par exemple.

Au moment de livrer ses recommandations quant aux traitements de PMA en cette période, la Société de Fertilité Espagnole (SEF), a adopté une approche différente de celle de la France. En effet, selon un communiqué publié par la SEF, il n’existe aucune preuve scientifique justifiant l’arrêt des pratiques habituelles des centres de PMA jusqu’à l’achèvement des cycles commencés.

La plupart des cliniques sur le territoire espagnol suivent donc ces recommandations afin de pouvoir continuer à réaliser les traitements de PMA strictement nécessaires. C'est pourquoi beaucoup des patients en cours de traitement peuvent aller jusqu'au bout.

Les nouveaux patients souhaitant débuter leur traitement de PMA ont la possibilité d’effectuer leurs consultations avec les gynécologues des centres de PMA virtuellement. Cependant, dans la plupart des cas, ces nouveaux patients devront attendre la fin de l'état d'alerte avant de pouvoir commencer leur traitement.

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Bibliographie

Auteurs et collaborateurs

 Laura Parra Villar
Laura Parra Villar
Embriologue
Diplômé en biologie de l'Université de Valence (UV) et embryologiste avec un master en biotechnologie de la reproduction humaine de l'Université de Valence en collaboration avec l'Institut valencien de l'infertilité (IVI). En savoir plus sur Laura Parra Villar
Número de colegiada: 3325-CV
Dr. Pascual Sánchez Martín
Dr. Pascual Sánchez Martín
Gynécologue
Adapté au français par:
 Manon Boisbouvier
Manon Boisbouvier
inviTRA Staff
Rédactrice et traductrice pour l'édition française de inviTRA. En savoir plus sur Manon Boisbouvier

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