L’endomètre: définition et épaisseur au cours du cycle menstruel

Par (gynécologue), (gynécologue) et (embryologiste).
Dernière actualisation: 27/08/2018

L’endomètre est la muqueuse qui recouvre la paroi interne de l’utérus. Il épaissit au début de chaque cycle menstruel pour permettre la nidation de l’embryon et par conséquent la grossesse.

Au début de chaque cycle menstruel, si la grossesse ne s’est pas produite,, l’endomètre est détruit lors de la menstruation pour se régénérer à nouveau par la suite.

L’endomètre joue un rôle très important dans la fertilité féminine. Un endomètre trop fin ou trop épais peut être le signe de diverses pathologies souvent source d’infertilité, décelables par échographie, biopsie ou d’autres techniques.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Définition et morphologie

L’endomètre correspond à la couche interne de l’utérus, aussi appelé matrice, l’organe reproducteur le plus important, qui abrite la grossesse pendant 9 mois.

L’utérus est composé de trois couches :

La couche séreuse ou périmètre
il s’agit d’une couche séreuse qui recouvre partiellement la partie externe de l’utérus.
La couche musculeuse ou myomètre
c’est la paroi musculaire de l’utérus. Elle est dotée de la capacité de s’étirer pendant la grossesse afin de permettre la croissance du fœtus et de se contracter pour que l’accouchement se produise.
La couche muqueuse ou endomètre
c’est le tissu épithélial qui recouvre la partie interne de l’utérus.

La fonction principale de l’endomètre est de permettre l’implantation de l’embryon, à savoir l’union dans l’utérus qui permet le développement du placenta, le sac gestationnel, et enfin le cordon ombilical qui connecte le foetus à sa mère.

Question: Qu’est-ce que l’endomètre ?

Le Dr. Miguel Dolz nous explique que l’endomètre est une couche qui recouvre l’intérieur de l’utérus, qui a une fonctionnalité reproductive et permet l’implantation de l’ovocyte fécondé au préalable. Par conséquent, c’est quelque chose de fondamental. La PMA s’est toujouts concentrée sur la qualité embryonnaire, sélectionner le meilleur embryon, mais pas tellement sur l’endomètre, qui est la couche où l’on va placer l’embryon.

Cependant, ce thème nous préoccupe depuis plusieurs années car de nombreux couples qui réalisent un traitement de fertilité n’arrivent pas à obtenir une grossesse évolutive ou une implantation de leur embryon, malgré une bonne qualité embryonnaire. Par conséquent, l’endomètre joue un rôle très important et doit être préparé à accueillir l’embryon.

Composition de l’endomètre

L’endomètre est un tissu hypervascularisé, ayant tendance à se régénérer, composé d’une multitude de vaisseaux sanguins et de glandes qui se forment et se détruisent à chaque cycle menstruel.

À son tour, l’endomètre se divise en deux couches :

La couche basale
c’est là que se trouvent les vaisseaux sanguins et les cellules souche qui génèrent la couche fonctionnelle.
La couche fonctionnelle
elle correspond à la partie de l’endomètre qui s’épaissit durant le cycle menstruel pour finalement se desquamer et être expulsée lors de la menstruation.

Si l’ovule n’est pas fécondé ou que la nidation de l’embryon n’a pas lieu dans l’utérus, la couche fonctionnelle de l’endomètre se nécrose et se desquame à la fin du cycle menstruel, entraînant le saignement appelé règles.

Ce saignement marque le début d’un nouveau cycle menstruel, au cours duquel la couche fonctionnelle de l’endomètre prolifère de nouveau grâce aux cellules qui existent dans la couche basale.

Pour que l’endomètre remplisse sa fonction, il doit passer par une série de modifications morphologiques et fonctionnelles liées à la sécrétion d’hormones sexuelles par les ovaires. Ces hormones sont les œstrogènes et la progestérone.

L’endomètre pendant le cycle menstruel

Le développement de l’endomètre se fait principalement en deux étapes :

Phase proliférative
elle dure du premier jour du cycle jusqu’à l’ovulation. Grâce à la production d’œstrogènes, la couche fonctionnelle s’épaissit par la multiplication des cellules de la couche basale. Des vaisseaux sanguins et des glandes endométriales apparaissent. À la fin de cette phase, l’endomètre peut mesurer de 6 à 10 mm.
Phase sécrétoire
après l’ovulation, le corps jaune (qui se forme durant la phase lutéale) produit de la progestérone qui fait murir l’endomètre en provoquant son épaississement. La taille des glandes endométriales augmente : elles commencent à sécréter du mucus et une substance nutritive riche en glycogène servant à préparer l’endomètre à une éventuelle implantation.

À la fin de la phase sécrétoire, vers les jours 26-28 du cycle, se produit la desquamation de l’endomètre en l’absence de fécondation ou de nidation. C’est le saignement connu comme les règles ou la menstruation.

Parallèlement, un nouvel endomètre se régénère pour le cycle suivant, recommençant le même processus. C’est la raison pour laquelle la menstruation coïncide avec le début de la phase proliférative du nouveau cycle menstruel.

Vous pourrez trouver plus d’informations sur ce lien: Les phases du cycle menstruel.

L’endomètre lors de la nidation

La nidation de l’embryon dans l’endomètre se produit 6 ou 7 jours après la fécondation et l’embryon est au stade de blastocyste.

Pour que l’embryon puisse s’implanter, l’endomètre doit se montrer réceptif. La phase de réceptivité endométriale dure environ 4 jours. Elle est désignée sous le terme de fenêtre implantatoire.

Pour que la nidation ait lieu, l’embryon et l’endomètre doivent interagir et se synchroniser. C’est un processus complexe dans lequel interviennent divers facteurs.

Le succès de la nidation ne dépend pas seulement de la préparation hormonale de l’endomètre. Un dialogue réciproque doit s’établir entre les tissus de l’embryon au stade blastocyste et la muqueuse utérine. Pour ce faire, divers facteurs de croissance et des cytokines doivent entrer en jeu.

Si l’ovule est fécondé et l’embryon s’accroche, l’endomètre sécréteur se convertit en un endomètre plus spécialisé grâce aux œstrogènes et à la progestérone : c’est l’endomètre décidual ou décidue.

Cette structure spécialisée donnera naissance au placenta pendant la gestation et participera aux échanges de gaz et de nutriments entre la mère et l’embryon.

Différentes études ont été réalisées pour déterminer l’épaisseur optimale de l’endomètre pour la nidation. Leurs conclusions ont montré que l’endomètre doit mesurer 7-10 mm d’épaisseur pour que les embryons puissent s’implanter. Un endomètre de moins de 6 mm n’est habituellement pas suffisant.

Techniques d’évaluation

L’épaisseur de l’endomètre est un facteur prédictif pour pronostiquer la nidation de l’embryon.

Voici des examens utiles pour mesurer l’épaisseur de l’endomètre:

Échographie endovaginale

Pour déterminer à quel moment du cycle menstruel se trouve la femme, vérifier que l’endomètre présente une épaisseur adéquate ou détecter des anomalies, il est possible de réaliser une échographie endovaginale.

Grâce à l’échographie, on peut faire la différence entre :

Endomètre de type A
l’endomètre est hyperéchogène (il apparaît particulièrement blanc à l’échographie) et homogène
Endomètre de type B
c’est un type intermédiaire qui présente un modèle trilaminaire, c’est-à-dire l’apparition de trois lignes parallèles dont la ligne intérieure ne se distingue pas bien. On l’observe durant la phase proliférative.
Endomètre de type C
l’endomètre est pluristratifié, à triple feuillet, et on distingue parfaitement les trois lignes. L’endomètre peut mesurer entre 7 et 10 mm. On l’observe pendant la phase proliférative peu avant l’ovulation, sous l’influence des œstrogènes.
Endomètre de type D
l’endomètre se trouve en phase sécrétoire, sous l’influence de la progestérone. Il est homogène et présente du contenu liquide et du matériel glycoprotéique dans les glandes endométriales.

Techniques complémentaires

Selon le cas, on se limitera à réaliser l’échographie transvaginale pour voir la structure et l’épaisseur endométriale ou on choisira une technique complémentaire pour l’analyse de l’endomètre :

Hystéroscopie
elle permet de visualiser directement la cavité utérine et sa muqueuse pour évaluer la qualité de l’endomètre et agir, le cas échéant, sur les pathologies présentes.
Test ERA ou biopsie de l’endomètre
il sert à détecter la présence des gènes impliqués dans la réceptivité de l’endomètre et permet de savoir si celui-ci se trouve dans un état idéal pour la nidation, c’est-à-dire, s’il y est réceptif.

Le test ERA est utilisé spécialement chez les patientes de fécondation in vitro(FIV) qui présentent des défauts d’implantation, ce qui permet de savoir s’il y a un déplacement de la fenêtre d’implantation.

La solution à ce problème consiste à vitrifier les embryons, et par la suite à les transférer dans l’utérus lorsque l’endomètre est réceptif.

Pathologies et maladies de l’endomètre

Parmi les altérations utérines les plus fréquentes qui peuvent affecter l’endomètre se trouvent :

L’endométriose
croissance du tissu endométrial hors de la cavité utérine, par exemple dans les ovaires, les trompes de Fallope, la cavité pelvienne et même la vessie. Elle provoque de fortes douleurs lors des règles et affecte la fertilité.
Les polypes endométriaux
tissus qui dépassent de l’endomètre et qui contiennent d’abondants vaisseaux sanguins et des glandes endométriales. Ils peuvent provoquer une métrorragie et affecter la nidation de l’embryon.
Les myomes ou fibromes endométriaux
tumeurs bénignes non cancéreuses qui se développent dans le myomètre utérin. Les myomes sous muqueux sont moins fréquents, ils provoquent une augmentation du saignement et peuvent devenir malins.
Adénomyose
invasion du tissu endométrial sur la couche musculaire de l’utérus, le myomètre. L’adénomiose provoque des troubles du saignement et des douleurs.
Hyperplasie endométriale
prolifération des glandes dans la muqueuse endométriale.
Hypertrophie endométriale
épaississement ou augmentation excessive de l’épaisseur de l’endomètre.
Cancer de l’endomètre, néoplasie endométriale ou adénocarcinome
croissance de cellules malignes dans le tissu endométrial. C’est le plus commun des cancers de l’utérus.

Lorsque nous nous trouvons en présence de symptômes comme une hémorragie interne anormale, nous pouvons nous trouver face à des myomes, des polypes endométriaux, une hyperplasie endométriale ou un cancer de l’endomètre.

Pour établir le diagnostic de ces différentes pathologies, il est possible que l’échographie ne soit pas suffisante. Le gynécologue peut solliciter un curetage utérin, une biopsie de l’endomètre, une sonohystérographie ou une hystéroscopie, en fonction de la pathologie probable.

La procréation médicalement assistée, comme tout traitement médical, exige que vous fassiez confiance au professionnalisme des médecins et de la clinique que vous avez choisis. Évidemment, tous ne sont pas identiques. Le Rapport sur la fertilité va sélectionner pour vous les cliniques les plus proches de vous et répondant à nos critères de qualité rigoureux. De plus, le système effectuera une comparaison des prix et des conditions proposées par les différentes cliniques afin de faciliter votre prise de décision.

Vos questions fréquentes

Quelle couche utérine correspond à l’endomètre ?

Par Dr. Carmen Ochoa Marieta (gynécologue).

L’endomètre est une couche de muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. C’est la couche qui est détruite avec chaque règle durant les différents cycles et c’est également la couche qui entoure l’embryon quand la grossesse s’est produite.

Si l’endomètre est épais, il s’agit d’une grossesse ou des règles ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

L’endomètre s’épaissit de manière naturelle par l’action des œstrogènes et de la progestérone, deux hormones produites par la femme pendant le cycle menstruel, pour que la nidation et la grossesse puissent se produire.

En l’absence de fécondation et d’implantation embryonnaire, même si l’endomètre est plus épais, il n’y aura pas de grossesse possible et les règles viendront recommencer le cycle menstruel.

Si l’endomètre est encore épais après la menstruation ou qu’il est excessivement épais pendant la phase sécrétoire, l’origine peut être pathologique.

Quelle est la cause d’un endomètre anormalement épais ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Un endomètre excessivement épais peut être dû à une hyperplasie endométriale. Cette anomalie se doit généralement à une production excessive d’œstrogènes mais sans qu’il se produise à peine de progestérone. Au cas où cette pathologie se manifesterait, le médecin peut prescrire un traitement hormonal.

Quelle épaisseur idéale doit avoir l’endomètre pour favoriser la grossesse ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

L’épaisseur normale de l’endomètre après l’ovulation, lorsque la nidation se produit, est de 7-10 mm. Si la muqueuse utérine est trop mince ou trop grosse, l’embryon peut avoir plus de mal à s’implanter, voire en être empêché, car l’endomètre ne se montre pas réceptif.

Y a-t-il des chances de grossesse si l’endomètre est trop fin ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Si l’endomètre mesure moins de 6 mm d’épaisseur, les possibilités de tomber enceinte sont faibles. Dans ce cas, le médecin peut prescrire un traitement hormonal à base d’œstrogènes et de progestérone pour stimuler la croissance de l’endomètre.

Quel est l’aspect de l’endomètre à la ménopause ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

À l’arrivée de la ménopause, l’endomètre subit généralement une atrophie, c’est-à-dire un amincissement dû à la chute des niveaux d’œstrogènes. À la ménopause, ceux-ci ne sont plus produits et il n’y a donc plus de cycle menstruel.

Si l’endomètre est toujours épais après la ménopause, le médecin devra évaluer s’il s’agit d’une hyperplasie ou d’une autre pathologie.

Quelle est l’épaisseur de l’endomètre sous taxomifène ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Actuellement, le taxomifène constitue l’un des médicaments les plus utiles dans le traitement du cancer du sein et il est également évalué dans plusieurs études préventives de cette affection.

Cette molécule stéroïdienne agit comme anti­œstrogène au niveau mammaire mais, depuis de nombreuses années, il est connu qu’elle présente une activité agoniste œstrogénique faible au niveau du tractus génital féminin.

L’examen le plus facile et le plus intéressant pour réaliser la surveillance semble être l’échographie endovaginale mesurant l’épaisseur endométriale. Une muqueuse de 5 mm ou moins garantit, avec une bonne fiabilité, l’absence de lésion endocavitaire.

En cas d’épaisseur supérieure à 5 mm, il s’avère indispensable de préciser l’état endométrial par une hystéroscopie ou par une hydrosonographie. Si ce dernier examen révèle une épaisseur endométriale « monocouche » de plus de 3 mm, l’hystéroscopie est alors nécessaire pour préciser la nature de l’atteinte endométriale.

La rédaction vous recommande

Pour mieux comprendre le cycle menstruel, vous trouverez utile de vous référer à notre article Phases du cycle menstruel.

Pour en savoir plus sur le rôle de l’endomètre au moment de la nidation, nous vous renvoyons au texte suivant : Implantation embryonnaire.

Vous pensez que vous pourriez être enceinte ? Suivez le guide et apprenez à en décelez les premiers symptômes en lisant : Symptômes de grossesse avant le retard menstruel.

Face à des problèmes de fertilité, recourir à un traitement de procréation assistée est parfois nécessaire. Les connaissez-vous tous ? Suivez le lien : Méthodes de PMA.

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Bibliographie

Auteurs et collaborateurs

Dr. Carmen Ochoa Marieta
Dr. Carmen Ochoa Marieta
Gynécologue
Diplômée en médecine de l'Université du Pays basque, avec un doctorat en médecine et chirurgie de l'Université de Murcie. Il dirige actuellement l'Unité de reproduction assistée du Centre d'études sur la reproduction (CER SANTANDER) à Santander et l'Unité de diagnostic de la médecine de reproduction à Bilbao. En savoir plus sur Dr. Carmen Ochoa Marieta
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 484805626
Dr. Pilar Alamá Faubel
Dr. Pilar Alamá Faubel
Gynécologue
Diplômée en Médecine de l'Universidad de Valencia, Doctorat avec mention honorifique en Médecine et Chirurgie à l'Universidad de Valencia. Elle exerce son activité de Gynécologue spécialisée en Procréation Médicalement Assistée à IVI Valenca, où est elle également Directrice du Programme d'Ovodon. Elle est aussi professeure du cours de Biotechnologie de la Reproduction de IVI et du Master de Procréation Médicalement Assistée. En savoir plus sur Dr. Pilar Alamá Faubel
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 464619335
 Zaira Salvador
Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Université Politécnica de Valencia (UPV), Biotechnology degree en la National University of Ireland en Galway (NUIG) et embryologiste spécialisée en Médecine Reproductive avec un Master en Biotechnologie de la Reproduction Humaine par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI) En savoir plus sur Zaira Salvador
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV

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