Stérilité féminine due à un facteur endocrino-ovarien

Par (embryologiste) et (embryologiste).
Dernière actualisation: 29/03/2019

Les altérations hormonales chez la femme sont l’une des principales causes de stérilité féminine. On appelle cela le facteur endocrinien d’infertilité ou le facteur ovarien, puisque ce qui est finalement affecté dans le corps de la femme est le fonctionnement des ovaires. En général, ce type de stérilité comprend toutes les altérations de l’axe hypothalamus-hypophyse-ovarien qui impliquent un déséquilibre hormonal et donc une altération du cycle menstruel.

L’anovulation

L’anovulation, c’est l’absence d’ovulation (expulsion de l’ovule mature de l’ovaire) dans un cycle menstruel, donc il n’y aura pas de rencontre de l’ovule avec le spermatozoïde dans la trompe de Fallope et il n’y aura pas de fécondation. Les cycles anovulatoires peuvent être associés à un large éventail de troubles menstruels et peuvent être de deux types:

Cycles anovulatoires sporadiques
la grande majorité des femmes, à un moment ou à un autre de leur vie, ont eu un stade d’anovulation dû à des périodes de stress, de nervosité, de carence alimentaire, etc. En principe, ce type d’anovulation n’est ni inquiétant ni grave, car les cycles ovulatoires sont rétablis.
Cycles anovulatoires chronique
ces femmes passent de longues périodes sans ovuler, il s’agit donc une cause d’infertilité. Sans ovulation, l’ovule ne pourra jamais rejoindre le spermatozoïde, former un embryon et mener à une grossesse.

L’anovulation prolongée ou chronique peut être causée par plusieurs facteurs que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe dans différents groupes :

Groupe I
dysfonctionnement de l’hypothalamus et de l’hypophyse Il s’agit notamment de troubles tels que l’hypogonadisme hypogonadotrope, le syndrome de Kallman, etc.
Groupe II
altération de la sécrétion hormonale par l’axe hypothalamus-hypophyse. Cela comprend le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’hyperprolactinémie, etc.
Groupe III
l’insuffisance ovarienne primaire et secondaire, également connue sous le nom de ménopause précoce.

Vous pouvez en apprendre plus à ce sujet dans l’article suivant : Qu’est-ce que l’anovulation ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Le SOPK est la perturbation endocrinienne la plus courante chez les femmes infertiles.

Ces femmes ont des ovaires remplis de kystes correspondant aux follicules ovariens qui ne se développent pas, c’est pourquoi, l’ovulation ne se produit pas.

De plus, le taux d’œstrogènes et d’androgènes est également modifié et, par conséquent, ces femmes présentent des signes de masculinisation, d’aménorrhée, d’insulinorésistance, d’obésité, etc.

Pour de plus amples informations sur cette pathologie, nous vous recommandons de lire cet article: Syndrome des ovaires polykystiques: quel est le traitement?

L’hyperprolactinémie

L’hyperprolactinémie est la production excessive de l’hormone prolactine, qui est sécrétée par l’hypophyse et qui a pour fonction de stimuler la production de lait maternel après l’accouchement.

Un taux trop élevé de prolactine inhibe le fonctionnement de l’hypothalamus, de sorte que les hormones régulant le cycle menstruel ne sont pas sécrétées et la femme souffre également d’anovulation.

Pour plus d’informations sur les causes et le traitement de l’hyperprolactinémie, nous recommandons l’article suivant : Qu’est-ce que l’hyperprolactinémie ?

Insuffisance ovarienne précoce (IOP)

L’insuffisance ovarienne précoce fait référence à la perte de la fonction ovarienne chez les femmes à un âge précoce, c’est-à-dire avant l’âge moyen de la ménopause, qui se situe habituellement entre 45 et 55 ans.

Plus précisément, on parle d’insuffisance ovarienne prématurée lorsqu’une femme de moins de 40 ans présente une aménorrhée, de très faibles taux d’œstrogènes et des taux de gonadotrophines au-dessus de 40 mUI/mL.

Tout au long de la vie reproductive d’une femme, les ovaires se détériorent progressivement, mais chez certaines femmes, ils cessent de fonctionner plus tôt que prévu. De ce fait, elles ne peuvent pas tomber enceinte naturellement.

Insuffisance ovarienne occulte (IOO)

Ce terme est utilisé pour parler d’une détérioration de la fonction ovarienne chez les femmes de moins de 40 ans, mais sans symptômes de ménopause.

En d’autres termes, ces femmes ne voient pas leur cycle menstruel modifié et ont des saignements menstruels réguliers, donc la seule façon de diagnostiquer une insuffisance ovarienne est de déterminer les taux d’hormones sexuelles féminines dans le sang.

Problèmes avec la phase lutéale

La phase lutéale est la deuxième phase du cycle menstruel, lorsque l’ovulation a déjà eu lieu et que le follicule ovarien devient un corps jaune qui sécrète la progestérone. Par rapport à cette phase, il peut y avoir deux situations qui conduisent à la stérilité:

Insuffisance lutéale (IL)
les ovaires ne sécrètent pas suffisamment de progestérone pour le développement de l’endomètre, de sorte que l’embryon ne pourra pas s’implanter et mener à une grossesse.
Syndrome du follicule lutéinisé non rompu
se produit lorsque le follicule continue son développement pour former le corps jaune, mais sans avoir libéré l’ovule, c’est-à-dire que le corps jaune se forme sans avoir préalablement produit l’ovulation.

Comment tomber enceinte?

Les femmes qui essaient de tomber enceinte et qui n’y parviennent pas en raison de l’une ou l’autre de ces altérations devront se rendre chez un gynécologue et/ou endocrinologue pour effectuer tous les tests diagnostiques nécessaires. Une fois que l’on connait la cause qui empêche la grossesse, le spécialiste peut envisager l’un des traitements spécifiques suivants :

En bref, il s’agit de rechercher le bon traitement pour rétablir l’équilibre des hormones sexuelles qui agissent tout au long du cycle ovarien de la femme. Si cela n’est pas possible, le couple devra passer à un traitement de procréation assistée plus complexe comme ceux mentionnés ci-dessus.

La procréation médicalement assistée, comme tout traitement médical, exige que vous fassiez confiance au professionnalisme des médecins et de la clinique que vous avez choisis. Évidemment, tous ne sont pas identiques. Le Rapport sur la fertilité va sélectionner pour vous les cliniques les plus proches de vous et répondant à nos critères de qualité rigoureux. De plus, le système effectuera une comparaison des prix et des conditions proposées par les différentes cliniques afin de faciliter votre prise de décision.

Vos questions fréquentes

Quels sont les symptômes de l’infertilité féminine due à un facteur endocrinien?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Les principaux symptômes des troubles hormonaux chez la femme sont les suivants:

  • Saignements menstruels irréguliers
  • Absence de menstruations
  • Acné
  • Hirsutisme
  • Prise de poids
  • Sautes d’humeur

Cependant, ces symptômes peuvent varier d’une femme à l’autre et ne se manifestent pas toujours nécessairement.

L’insuffisance ovarienne prématurée est-elle réversible ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Non. Les femmes souffrant d’insuffisance ovarienne seront difficilement en mesure de rétablir le fonctionnement normal de l’ovaire.

Cependant, dans certains cas, l’ovaire peut avoir un certain degré d’activité intermittente, donc ces femmes peuvent avoir des ovulations spontanées et même tomber enceintes.

La rédaction vous recommande

Une réserve ovarienne faible est une autre cause de stérilité féminine liée au fonctionnement des ovaires d’une femme. Si vous souhaitez obtenir plus d’informations à ce sujet, vous pouvez en lire plus ici: La réserve ovarienne: quelle est son influence sur la fertilité?

Si vous voulez en savoir plus sur l’infertilité féminine, ses causes, ses symptômes et ses traitements, nous vous invitons à consulter l’article suivant: Les causes de la stérilité chez la femme: comment les identifier?

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Bibliographie

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Laven JS. Primary Ovarian Insufficiency. Semin Reprod Med. 2016 Jul;34(4):230-4.

Vilaclara Mir J. Endocrine and metabolic aspects of female sterility. Rev Clin Esp. 1954 Nov 30;55(4):242-5.

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Auteurs et collaborateurs

 Andrea Rodrigo
Andrea Rodrigo
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitario en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale. En savoir plus sur Andrea Rodrigo
 Zaira Salvador
Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Université Politécnica de Valencia (UPV), Biotechnology degree en la National University of Ireland en Galway (NUIG) et embryologiste spécialisée en Médecine Reproductive avec un Master en Biotechnologie de la Reproduction Humaine par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI) En savoir plus sur Zaira Salvador
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV

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