Infertilité féminine due à des problèmes de glande thyroïde

Par (embryologiste) et (invitra staff).
Dernière actualisation: 02/04/2019

La glande thyroïde joue un rôle très important dans la fertilité féminine, car elle produit des hormones qui interagissent avec les hormones sexuelles féminines : œstrogènes et progestérone.

Par conséquent, les hormones thyroïdiennes jouent également un rôle dans la régulation du cycle menstruel, le développement folliculaire et la grossesse, entre autres processus.

Un dysfonctionnement de la glande thyroïde peut entraîner un déséquilibre métabolique, soit parce qu’il y a trop d’hormones thyroïdiennes (hyperthyroïdie), soit parce que la production d’hormones thyroïdiennes est insuffisante (hypothyroïdie).

Ces deux altérations peuvent causer de l’infertilité, ainsi que des complications pendant la grossesse, qui peuvent même déboucher sur une fausse-couche.

À quoi sert la glande thyroïde ?

La thyroïde est une glande en forme de papillon située dans le cou, juste devant la trachée. Sa fonction principale est d’agir sur tous les tissus de l’organisme en régulant le métabolisme, par la production, le stockage et la sécrétion des hormones suivantes :

  • La thyroxine (T4)
  • La triiodothyronine (T3)

Pour être plus précis, les hormones thyroïdiennes régulent la consommation d’oxygène, la production de protéines, la sensibilité à d’autres hormones et de nombreux autres processus.

La production d’hormones thyroïdiennes est à son tour régulée par l’hormone TSH, également appelée thyrotropine ou hormone thyréostimulante, libérée par l’hypophyse dans le cerveau.

Troubles thyroïdiens

Les problèmes thyroïdiens sont considérés comme une maladie endocrinienne qui affecte tout système organique du corps, y compris le système reproducteur chez les femmes en âge de procréer. Lorsqu’il y a une altération dans la production des hormones thyroïdiennes, un déséquilibre des hormones reproductrices se produit. Les conséquences de cette situation sont les troubles suivants liés à la fertilité des femmes :

  • Modification de l’ovulation
  • Règles irrégulières
  • Infertilité
  • Risque de fausse couche

Pour ces raisons, l’analyse de l’hormone thyroïdienne est l’un des premiers tests effectués lorsqu’une femme a du mal à tomber enceinte.

Les altérations thyroïdiennes sont classées en deux grands groupes selon l’activité de la glande thyroïde et le niveau des hormones sécrétées. En voici des exemples:

Hyperthyroïdie

C’est la production et la libération d’une quantité excessive d’hormones thyroïdiennes due à l’hyperactivité de la glande thyroïde. Cela conduit à l’accélération du métabolisme, avec l’apparition des symptômes suivants :

  • Augmentation de la fréquence cardiaque
  • Perte de poids accélérée
  • Transpiration excessive
  • Anxiété et nervosité
  • Sensibilité accrue à la chaleur
  • Irritabilité et insomnie
  • Selles fréquentes
  • Mains tremblantes
  • Faiblesse musculaire
  • Perte ou fragilité des cheveux
  • Règles irrégulières ou absence totale de cycles menstruels

Les hormones T3 et T4 sécrétées en grande quantité par la thyroïde exercent une fonction de rétroaction sur le cerveau et inhibent la production de TSH de sorte qu’elle cesse de stimuler la thyroïde.

Hypothyroïdie

Dans ce cas, l’activité de la glande thyroïde diminue et, par conséquent, la production d’hormones thyroïdiennes est insuffisante. Le métabolisme ralentit, entraînant l’apparition des symptômes suivants :

  • Diminution de la fréquence cardiaque
  • Faiblesse ou fatigue
  • Prise de poids accélérée
  • Faible capacité de concentration et de mémoire
  • Sensibilité accrue au froid
  • Douleurs musculaires ou articulaires
  • Peau pâle ou sèche
  • Constipation
  • Dépression
  • L’hyperprolactinémie
  • Règles menstruelles irrégulières et saignements légers
  • L’anovulation

Lorsque le taux d’hormones thyroïdiennes diminue, la TSH libérée par l’hypophyse augmente pour tenter de maximiser l’activité de la glande thyroïde.

Causes

Il y a plusieurs causes qui peuvent causer l’altération des hormones thyroïdiennes. En général, le dysfonctionnement de la glande thyroïde elle-même ou les troubles de l’hypothalamus et de l’hypophyse sont les causes directes de ces altérations. Quant à l’hyperthyroïdie, 70 % des cas sont causés par la maladie de Graves, qui produit des anticorps qui stimulent la croissance de la thyroïde et, par conséquent, la sécrétion des hormones thyroïdiennes augmente. Il existe d’autres causes à l’hyperthyroïdie, en voici quelques exemples :

  • Excès d’iode dans l’alimentation
  • Thyroïdite: inflammation de la thyroïde
  • Nodules ou kystes thyroïdiens
  • Tumeurs bénignes de l’hypophyse

En ce qui concerne l’hypothyroïdie, la cause la plus fréquente est la thyroïdite causée par une altération du système immunitaire. Cette maladie auto-immune est connue sous le nom de thyroïdite de Hashimoto qui crée des anticorps qui attaquent la glande thyroïde. Il existe d’autres causes à l’Hypothyroïdie, en voici quelques exemples :

  • Chirurgie pour enlever la glande thyroïde ou une partie de celle-ci
  • Chimiothérapie contre le cancer
  • Médicaments comme l’amiodarone et le lithium
  • Régime carencé en iode
  • Défauts congénitaux

Si vous souhaitez en savoir plus à ce sujet, vous pouvez en lire davantage dans l’article suivant: Hypothyroïdie et grossesse

Diagnostic

Tout d’abord, il est important de faire attention aux signes et symptômes de l’hypothyroïdie et de l’hyperthyroïdie afin d’en discuter avec l’endocrinologue. Il prendra également des mesures de la tension artérielle, du poids, de la température, etc. Il est également nécessaire que l’endocrinologue évalue la taille de la glande thyroïde par palpation du cou pour voir si elle est plus grande ou plus petite que la normale. Enfin, un test sanguin pour mesurer le taux de TSH est le test le plus fiable pour diagnostiquer les problèmes thyroïdiens.

La valeur normale de la TSH dans le sang est comprise entre 0,5 et 4,7 mU/ml.

Par conséquent, un taux de TSH supérieur à 4,7 mU/ml indique une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie), tandis qu’un taux de TSH inférieur à 0,5 mU/ml confirme que la production de ces hormones est excessive (hyperthyroïdie). Parfois, une échographie de la glande thyroïde est recommandée pour écarter la présence de nodules ou de kystes.

Traitement

Une fois qu’un dysfonctionnement de la glande thyroïde a été diagnostiqué, le traitement appliqué dépendra de son intention d’augmenter ou de diminuer son activité ou sa production hormonale :

Hyperthyroïdie
l’administration de médicaments antithyroïdiens pour réduire la quantité de T3 et T4 et soulager les symptômes. Dans certains cas, l’iode radioactif est nécessaire pour détruire des parties de la glande thyroïde, ou même pour l’enlever.
Hypothyroïdie
l’administration d’hormones thyroïdiennes synthétiques telles que la lévothyroxine (Eutirox). Le médecin expliquera qu’il faut prendre le médicament en doses croissantes jusqu’à ce que le métabolisme et le bon fonctionnement de la thyroïde soient stabilisés.

Après avoir suivi le traitement approprié, il est possible de rétablir le cycle ovarien de la femme et d’obtenir une grossesse naturelle. Cela diminuera également le risque de fausse couche pendant le premier trimestre de la grossesse et les problèmes fœtaux associés. Cela permettra ausi d’augmenter la libido et d’améliorer l’humeur du patient.

Si, même avec la régulation hormonale, les niveaux d’hormones ne sont pas équilibrés, il sera nécessaire de recourir à des techniques de procréation assistée pour obtenir une grossesse. En particulier, la fécondation in vitro (FIV) offre les meilleurs résultats. Une fois la grossesse réalisée, la femme devra se rendre périodiquement chez le spécialiste pour surveiller la glande thyroïde et ainsi contrôler son taux d’hormones.

La PMA, comme tout traitement médical, exige que vous fassiez confiance au professionnalisme des médecins et de la clinique que vous avez choisis. Évidemment, tous ne sont pas identiques. Le Rapport sur la fertilité sélectionne les cliniques les plus avantageuses pour vous selon nos critères de qualité rigoureux. De plus, le système effectue une comparaison des prix et des conditions offertes par les différentes cliniques afin de faciliter votre prise de décision.

Vos questions fréquentes

Que faut-il manger pour réguler les problèmes thyroïdiens ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

La glande thyroïde a besoin d’un apport adéquat d’iode, de sélénium et de vitamines pour son bon fonctionnement. Il sera donc nécessaire d’avoir une alimentation saine et équilibrée pour réguler la thyroïde, à base de fruits et légumes frais et de poissons riches en oméga-3.

Il est également très important de réduire la consommation d’aliments transformés tels que les frites et les boissons gazeuses, ainsi que la consommation de sucre.

Qu’est-ce que l’hypothyroïdie subclinique ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

L’hypothyroïdie subclinique consiste en une phase antérieure à l’hypothyroïdie la plus courante dans laquelle les taux de T3 et T4 sont toujours normaux, mais où la TSH est déjà élevée. Ceci est dû au fait que l’augmentation de la TSH est suffisante pour maintenir le bon fonctionnement de la glande thyroïde et, par conséquent, les symptômes caractéristiques de cette altération thyroïdienne ne sont pas encore manifestes.

Pour cette raison, il est nécessaire d’analyser la valeur de la TSH dans le sang lorsqu’il y a des problèmes d’infertilité sans cause apparente.

Les problèmes thyroïdiens provoquent-ils aussi l’infertilité chez les hommes ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Oui, mais ce n’est pas aussi fréquent que chez les femmes. Les altérations de la thyroïde influencent la production et la maturation des spermatozoïdes, ils sont la cause de la tératozoospermie et peuvent également causer la dysfonction érectile et une baisse de la libido.

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En plus des hormones thyroïdiennes, les tests de fertilité comprennent l’analyse de toutes les hormones qui agissent sur le cycle menstruel de la femme. Nous vous recommandons de lire l’article suivant pour plus d’informations à ce sujet : Bilan hormonal de fertilité chez la femme: quel est le taux normal?

Si vous avez besoin d’un traitement de procréation assistée tel que la FIV et avez besoin d’informations, vous pouvez lire l’article suivant: La fécondation in vitro (FIV): prix et taux de réussite.

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Bibliographie

Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Université Politécnica de Valencia (UPV), Biotechnology degree en la National University of Ireland en Galway (NUIG) et embryologiste spécialisée en Médecine Reproductive avec un Master en Biotechnologie de la Reproduction Humaine par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI) En savoir plus sur Zaira Salvador
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Adapté au français par:
 Marie Tusseau
Marie Tusseau
inviTRA Staff
Directrice éditoriale de la revue inviTRA en français et en anglais. En savoir plus sur Marie Tusseau

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