Qu’est-ce que l’insémination avec sperme du conjoint (IAC)?

Par (gynécologue), (embryologiste) et (invitra staff).
Dernière actualisation: 01/10/2018

L’insémination artificielle du conjoint (IAC), également appelée insémination artificielle homologue (IAH) ou insémination intraconjugale, est un type d’insémination artificielle dans laquelle le sperme utilisé est celui du partenaire ou conjoint.

Le taux de réussite de l’IAC peut atteindre les 50-60 % après 4 tentatives et son prix est relativement avantageux.

C’est le type d’insémination le plus utilisé puisqu’il existe de nombreux couples ayant des problèmes pour obtenir une grossesse. Grâce à cette technique de PMA moins invasive et plus simple, c’est tout à fait possible.

Les indications de l’IAC

L’IAC est indiquée dans les cas suivants:

  • Troubles de l’ovulation
  • Impossibilité de déposer le sperme dans le vagin
  • Facteur masculin léger
  • Endométriose légère ou modérée
  • Stérilité féminine par facteur cervical
  • Stérilité immunologique
  • Stérilité d’origine inconnue

Le procédé de l’IAC consiste premièrement à réaliser une stimulation ovarienne légère et contrôlée pour que se produise un ou deux ovules matures. Dans le cas où la femme ovule seule, la clinique pourra choisir d’appliquer un cycle d’insémination sans stimulation ovarienne, au cours d’un cycle naturel.

Le sperme du partenaire se prépare en laboratoire de telle sorte que seuls les meilleurs spermatozoïdes soient utilisés. Ces derniers sont insérés dans une canule et introduits dans l’utérus de la femme (insémination artificielle conjugale intra-utérine) lorsqu’elle a ovulé afin d’augmenter les probabilités que se produise la fécondation.

Vous pourrez trouver plus d’informations ici: En quoi consiste une insémination artificielle?

Taux de réussite

Le succès de l’IA se détermine par l’obtention de la grossesse. Les probabilités d’obtenir une grossesse lors d’une IAC avec un seul cycle varient de 15 à 25 % selon le centre et les conditions de fertilité des deux membres du couple.

Pour s’assurer que la grossesse aura bien lieu en utilisant cette technique, il est nécessaire de remplir une série de conditions:

  • Au moins l’une des trompes doit être perméable pour permettre le passage des spermatozoïdes jusqu’à l’ovule.
  • La femme ne doit pas avoir plus de 36 ans pour pouvoir garantir le succès.
  • L’homme doit avoir un REM (recomptage de spermatozoïdes mobiles) d’au moins 3 millions de spermatozoïdes après capacitation en laboratoire.

Si la grossesse n’est pas obtenue lors de la première tentative, il est conseillé d’effectuer un autre cycle d’insémination artificielle. De nombreuses études démontrent qu’il est recommandé de réaliser jusqu’à 4 inséminations suivies pour augmenter les probabilités de réussite.

Le taux de l’IA est cumulatif comme suit :

  • Un cycle d’IA : le taux de grossesse se situe entre 15-25 %.
  • Deux cycles d’IA: 30-35 %.
  • Trois cycles d’IA: 38-42 %.
  • Quatre cycles d’IA: entre 50-60 % de taux de grossesse.

Avoir recours à un cinquième essai n’aurait aucun sens car les probabilités de grossesse n’augmenteraient pas plus. Si la conception n’a pas été obtenue, il est conseillé de passer à une autre technique de procréation assistée comme l’insémination artificielle avec sperme de donneur (IAD) ou la fécondation in vitro (FIV).

L’objectif principal des spécialistes est de faire comprendre à leurs patients l’importance de réaliser jusqu’à quatre inséminations d’affilée pour réaliser leur rêve de devenir parents. La lutte contre l’infertilité est longue et complexe: il ne faut donc pas abandonner.

Combien coûte une insémination artificielle en France?

En France, l’insémination artificielle est remboursée à 100 % par l’Assurance maladie, dans la limite de six tentatives et si la femme a moins de 43 ans.

Cette prise en charge comprend les médicaments de stimulation, les contrôles de la stimulation (échographie, bilans hormonaux, etc.), l’anesthésie, la préparation du sperme et l’acte technique d’insémination.

Tout essai doit faire l’objet d’une demande préalable pour les actes à envoyer à sa caisse primaire d’assurance maladie. Pour ce faire, l’équipe médicale va remettre au couple un formulaire précisant la technique utilisée et le rang de la tentative. L’absence de réponse de la CPAM dans les 15 jours vaut accord.

Attention, le pourcentage de remboursement est appliqué non pas sur les frais réels mais sur les tarifs de base de la Sécurité Sociale.

S’il y a un reste à charge, la mutuelle complémentaire peut intervenir en complément, en fonction de ce que prévoient les conditions générales et particulières du contrat.

La PMA, comme tout traitement médical, exige que vous fassiez confiance au professionnalisme des médecins et de la clinique que vous avez choisis. Évidemment, tous ne sont pas identiques. Le Rapport sur la fertilité sélectionne les cliniques les plus avantageuses pour vous selon nos critères de qualité rigoureux. De plus, le système effectue une comparaison des prix et des conditions offertes par les différentes cliniques afin de faciliter votre prise de décision.

À l’étranger, le traitement d’IAC oscille entre 600 et 1 000 €, en fonction de l’endroit et de la clinique qui le réalise.

Vos questions fréquentes

Les conditions requises pour une IAD et une IAC sont-elles différentes ?

Par Dr. Mark P. Trolice (gynécologue).

Lors de l’Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint (IAC), on introduit un échantillon de sperme (préparé au préalable) dans l’utérus de la femme à l’aide d’une canule. C’est un procédé simple qui est effectué lors d’une consultation médicale sans anesthésie. L’échantillon de sperme est préparé en laboratoire afin d’obtenir un maximum de spermatozoïdes mobiles dans un volume réduit, dans le but d’en augmenter son potentiel de fécondation. La canule utilisée permet de déposer l’échantillon à un endroit plus près des trompes de Fallope que naturellement. Après l’intervention, la femme peut retourner à sa routine et avoir des relations avec son conjoint comme ils en avaient l’habitude.

Avant de procéder à una IAC ou une IAD, les analyses préliminaires permettent de s’assurer que la femme ovule normalement, qu’elle n’a pas d’obstruction des trompes, et que l’échantillon de sperme est adéquat pour la réalisation d’une IA. Toute femme qui souhaite tomber enceinte doit faire une analyse pré-natale pour évaluer son hémogramme, sa fonction thyroïdienne, son niveau de vitamine D et degré d’immunité aux virus de la rubéole et de la varicelle, ainsi qu’un frottis.

Il est recommandé que les femmes souhaitant effectuer une insémination artificielle avec sperme de donneur se soumettent aux mêmes analyses que les donneurs, parmi lesquelles l’analyse de détection d’anticorps contre le cytomégalovirus (CMV). Si le résultat de ce dernier examen est négatif, il lui sera alors assigné un donneur ayant eu un résultat négatif au même examen, afin d’éviter les risques d’infection chez le bébé. Il est aussi conseillé d’effectuer une consultation psychologique comme preuve de d’accord et pour avoir plus d’informations sur le processus.

L’insémination artificielle du conjoint est la même pour les couples sérodiscordants et les couples sains ?

Par Sara Salgado (embryologiste).

Non, si l’un des membres du couple est infecté de VIH, il faut prendre une série de mesures préventives, et les techniques de PMA doivent s’effectuer dans un centre spécialisé qui dispose d’un laboratoire à part, afin de manipuler les échantillons infectés.

Dans le cas d’un homme porteur du VIH, il est nécessaire de pratiquer un lavage de sperme afin de garantir qu’il n’existe aucun danger de contagion pendant la grossesse, pour la mère et pour le bébé.

Si c’est la femme qui est porteuse du VIH, elle devra réaliser une prise de sang pour déterminer la charge virale et le ombre de lymphocytes CD4 présents dans son sang. Si la charge virale est faible et les lymphocytes sont élevés, on peut réaliser une IAC.

La femme doit prendre des médicaments antirétroviraux et être suivie continuellement pendant toute la grossesse.

L’accouchement devra avoir lieu sous césarienne programmée pour éviter de contaminer le bébé.

Peut-on faire une insémination artificielle sans le consentement du mari ?

Par Sara Salgado (embryologiste).

C’est tout à fait impossible. Si la patiente est mariée ou en couple, son consentement ainsi que celui de son conjoint sont indispensables pour procéder au traitement de PMA, que ce soit une FIV ou une insémination artificielle.

Le seul cas où le consentement n’est pas nécessaire est une séparation et le recours à du sperme de donneur. L’ex-conjoint ne serait donc pas le père légal de l’enfant, et n’aurait aucune responsabilité sur lui.

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Savez-vous dans quel cas il est recommandé d’avoir recours à une FIV ou à une insémination artificielle? Nous vous l’expliquons ici: IA ou FIV?

La procréation médicalement assistée (PMA) ou assistance médicale à la procréation (AMP) est l’ensemble des techniques utilisées dans le but d’obtenir une grossesse lorsque celle-ci ne se produit pas de manière naturelle à causes de problèmes de fertilité.

Nous vous présentons ici toutes les techniques possibles: Les techniques de PMA.

En cas d’infertilité du partenaire masculin, le couple peut avoir recours à une insémination avec du sperme de donneur. Pour plus d’informations, suivez le lien: Qu’est-ce que l’IAD?

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Bibliographie

Auteurs et collaborateurs

Dr. Mark P. Trolice
Dr. Mark P. Trolice
Gynécologue
Docteur en Médecine, spécialisé en Gynécologie et Obstétrique par la Rutgers Robert Wood Johnson Medical School de New Jersey (USA.). Professeur associé au Département de Gynécologie et Obstétrique de l'University of Central Florida College of Medicine. Directeur de la clinique Fertility Care: The IVF Center. Titre de Top Doctor in America. En savoir plus sur Dr. Mark P. Trolice
Affiliation au Conseil de l'Ordre de Floride: ME 78893
 Sara Salgado
Sara Salgado
Embryologiste
Diplômée en Biochimie et Biologie Moléculaire de l'Universidad del País Vasco (UPV/EHU), avec un Master en Procréation Médicalement Assistée de l'Universidad Complutense de Madrid (UCM). Titre d'expert universitaire en Techniques de Diagnostic Génétique de l'Universidad de Valencia (UV). En savoir plus sur Sara Salgado
Adapté au français par:
 Isabelle Gutton
Isabelle Gutton
inviTRA Staff

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