Le processus de l’ICSI: Les étapes expliquées pas à pas.

Par (gynécologue), (embryologiste senior), (embryologiste) et (invitra staff).
Dernière actualisation: 27/02/2019

L’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes, que l’on appelle ICSI, est l’une des étapes du traitement par fécondation in vitro (FIV). Plus précisément, l’ICSI fait référence à la méthode de fécondation des ovules avec les spermatozoïdes.

Cependant, de nombreuses personnes utilisent souvent le terme ICSI ou FIV-ICSI pour désigner l’ensemble du processus de traitement de la fertilité. C’est pourquoi, dans cet article, nous allons détailler pas à pas toutes les phases de la FIV-ICSI.

Comment se déroule le traitement de l’ICSI

L’ICSI a des procédures qui ressemblent totalement à celles de la FIV conventionnelle. La différence réside dans la façon dont la fécondation se produit une fois le prélèvement des ovules et des spermatozoïdes effectué en laboratoire.

Les étapes de la FIV-ICSI sont décrites ci-dessous :

Stimulation contrôlée de l’ovaire

La stimulation ovarienne consiste en l’administration d’un médicament hormonal dans le but d’obtenir plusieurs follicules ovariens mûrs en même temps. De cette façon, il sera possible d’obtenir un plus grand nombre d’ovules à féconder et d’augmenter les chances de grossesse.

De plus, la stimulation ovarienne permet de contrôler le cycle menstruel de la femme et d’empêcher l’ovulation spontanée, ce qui entraînerait l’échec du cycle FIV-ICSI.

Avant de commencer la stimulation ovarienne, il est d’usage de prescrire la pilule contraceptive aux patientes afin de synchroniser leur cycle menstruel.

Selon la durée de la stimulation ovarienne, il existe deux protocoles de base chez les patientes de FIV :

  • Un protocole long: il débute avant les menstruations par l’injection d’un agoniste du GnRH, qui servent à ralentir l’hypophyse et à prévenir la sécrétion d’hormones endogènes. Une fois les règles arrivées, les injections précédentes sont combinées à celles des gonadotrophines pour initier un développement folliculaire multiple.
  • Un protocole court: le nombre d’injections est réduit, car la stimulation par les gonadotrophines commence après le début des règles. Le 8e jour du cycle, des injections avec des antagonistes de la GnRH sont administrées pour effectuer un freinage hypophysaire.

Au cours des dernières années, on a eu tendance à simplifier les protocoles de stimulation ovarienne contrôlée grâce à la multitude d’avantages qu’ils offrent.

Comme le dit le Dr Gorka Barrenetxea, spécialiste en gynécologie et obstétrique :

Depuis 10-15 ans, nous utilisons d’autres adjuvants, antagonistes de la GnRH, de telle sorte que le processus de stimulation dure maintenant environ 10 jours.

La phase d’administration de gonadotrophine (FSH) dure habituellement de 6 à 10 jours. Pendant ce temps, le patient devra se rendre au contrôle échographique 2 ou 3 fois pour vérifier la croissance folliculaire.

Si vous souhaitez en savoir davantage à ce sujet, nous vous conseillons de lire cet article: La stimulation ovarienne: définition, prix et efficacité.

Ponction folliculaire

Ponction folliculaire: également connue sous le nom de ponction ovarienne, il s’agit de l’extraction des ovocytes mûrs au moyen d’une ponction vaginale guidée par échographie.

La ponction folliculaire, également connue sous le nom de ponction ovarienne, consiste à aspirer le liquide contenu dans les follicules ovariens pour extraire les ovocytes mûrs par une ponction vaginale guidée par échographie. Il s’agit d’une simple opération de 30 minutes réalisée en salle d’opération sous anesthésie.

Environ 30-34 heures avant la ponction ovarienne, la patiente doit s’injecter une dose d’hormone hCG pour déclencher l’ovulation et induire la maturation finale des ovocytes.

L’embryologiste María De Las Heras note que :

La ponction folliculaire n’est pas douloureuse, car la patiente entre dans le bloc opératoire sous anesthésie.

Une fois dans le laboratoire, le liquide folliculaire doit être examiné minutieusement au microscope pour localiser les ovules et les transférer sur une plaque avec un milieu de culture.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette phase du traitement, vous pouvez lire la suite dans l’article suivant : La ponction ovarienne: prélèvement des ovocytes pour une FIV.

Décoronisation des ovocytes

La décoronisation des ovocytes est l’élimination de la couche cellulaire de granulose qui entoure l’ovule mûr. Pour ce faire, il est nécessaire d’attendre quelques heures après la ponction folliculaire car l’ovule subit une maturation finale pendant ce temps de repos.

Il existe deux techniques pour décoroniser les ovocytes :

  • La décoronisation chimique: on utilise un milieu avec l’hyaluronidase, une enzyme qui dégrade l’acide hyaluronique qui lie les cellules de granulose ensemble. Dans la fécondation naturelle, l’hyaluronidase est sécrétée par le spermatozoïde afin de pénétrer dans l’ovocyte.
  • La décoronisation mécanique: l’ovocyte est passé à travers des pipettes de différents calibres, du plus grand au plus petit diamètre, jusqu’à ce que toutes les cellules environnantes soient complètement détachées.

IMAGE Décoronisation des ovocytes

Généralement, les protocoles de laboratoire de FIV combinent les deux méthodes pour décoroniser plus efficacement les ovules.

Après la décoronisation, il faut vérifier si les ovules sont mûrs pour effectuer l’ICSI. Pour ce faire, il est nécessaire de visualiser le globule polaire dans l’espace péribitellin de l’œuf.

La décoronisation des ovules, aussi appelée dénudation, est une étape nécessaire avant la micro-injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes.

Recueil et préparation du sperme

Pendant la ponction folliculaire, l’homme doit laisser au laboratoire un échantillon de sperme prélevé par masturbation, à moins qu’il ne s’agisse de sperme congelé ou donneur.

Pour la préparation de l’échantillon de sperme, une capacitation spermatique est nécessaire : le plasma séminal est retiré et les spermatozoïdes de meilleure qualité sont concentrés dans un nouveau milieu de culture.

Il existe plusieurs techniques pour la capacitation du sperme. Vous trouverez de plus amples informations à ce sujet dans l’article suivant: Capacitation spermatique: quelles sont les méthodes utilisées?

L’objectif est d’obtenir un échantillon de spermatozoïdes mobiles progressifs (REM) d’environ un million par millilitre, car s’il y avait plus de spermatozoïdes, il serait difficile de les sélectionner au microscope.

D’autre part, dans les cas d’infertilité due à un facteur masculin sévère, on peut obtenir des spermatozoïdes de moins bonne et de moins bonne qualité. De fait, il est parfois nécessaire d’obtenir le sperme avec une ponction ou une biopsie testiculaire pour faire une ICSI.

Cependant, bien que cela soit plus compliqué, l’ICSI peut également se faire dans ces conditions, car il ne faut injecter qu’autant de spermatozoïdes vivants qu’il y a d’ovules.

Fécondation avec ICSI

La façon dont les ovules sont fécondés est ce qui différencie la technique ICSI de la FIV conventionnelle.

Comme son nom l’indique, l’ICSI consiste à injecter le sperme directement dans le cytoplasme de l’ovule. Pour ce faire, il faut suivre attentivement les étapes suivantes:

  • La préparation initiale: les pipettes de maintien et de micro-injection (ICSI) sont placées sous un microscope inversé. La plaque ICSI est ensuite préparée avec des gouttes de milieu de culture où les ovules seront placés d’un côté et le sperme de l’autre.
  • La sélection du sperme: L’échantillon de sperme est observé à la recherche de la meilleure qualité et, une fois sélectionné, doit être immobilisé par un mouvement rapide de la pipette d’ICSI pour se fracturer la queue. Le sperme est ensuite aspiré avec cette même pipette.
  • L’orientation des ovocytes: Afin de ne pas endommager les structures internes de l’ovule lors de l’injection, il est placé orienté avec le globule polaire dans la partie supérieure et est maintenu par la pipette de retenue pour qu’il ne bouge pas.
  • L’injection intra-cytoplasmique: On presse doucement l’ovule avec la pipette d’injection à travers la zone pellucide et la membrane interne. Une fois à l’intérieur de l’ovule, une petite quantité de cytoplasme est aspirée et mise en contact avec le spermatozoïde, qui y sera ensuite délicatement inséré.
  • L’évaluation finale: Le type de rupture de l’ovule fournit des informations sur la qualité de l’ovocyte et peut conditionner son développement ultérieur. Il est donc nécessaire d’évaluer le type de rupture, qui peut être par pression ou par aspiration.

Une fois tout le processus ICSI terminé, il est également important de noter les caractéristiques morphologiques des ovocytes : globule polaire, cytoplasme, espace périvitellin, zone pellucide, etc

Enfin, les ovules sont stockés dans des plaques de culture dans l’incubateur, en attendant d’évaluer si la fécondation a eu lieu.

Culture embryonnaire

Après la fécondation et tout au long du développement embryonnaire, il est nécessaire d’évaluer les caractéristiques morphocinétiques des embryons afin de transférer ceux de meilleure qualité et avec une plus grande possibilité d’implantation.

Selon le stade de développement de l’embryon, on évalue certains paramètres:

  • Zygotes: On évalue environ 18 heures après la fécondation pour voir si les deux globules polaires et les deux pronucleus sont apparus, ce qui indique que la fécondation a fonctionné.
  • Embryons de 2-3 jours: l’embryon s’est déjà divisé et, par conséquent, on étudie le nombre de cellules, leur symétrie, leur fragmentation, leur multinucléation, la présence éventuelle de vacuoles, etc.
  • Blastocystes de 5-6 jours: à ce stade, l’embryon est déjà constitué d’une multitude de cellules qui forment la masse cellulaire interne et le trophectoderme. On évalue également le degré d’expansion des blastocystes et si ceux-ci ont commencé à quitter la zone pellucide, ce qu’on appelle l’éclosion.

Pour plus d’informations sur les conditions et les caractéristiques de la culture embryonnaire, vous pouvez lire cet article: Techniques de culture d’embryons en laboratoire pour une FIV.

Transfert des embryons

Selon les caractéristiques du traitement et le nombre d’embryons obtenus, le transfert d’embryons peut être effectué le jour 3 ou le jour 5.

Pour ce faire, l’embryon ou les embryons de la meilleure qualité seront sélectionnés sur la base des paramètres cités plus haut. Vous pouvez découvrir comment cette sélection d’embryons se fait en cliquant sur le lien suivant : Qualité embryonnaire: classification des embryons pour la FIV.

Avant le transfert embryonnaire, la femme doit avoir reçu des œstrogènes et de la progestérone pour bien préparer son endomètre.

La procédure de transfert est très simple et ne nécessite pas d’anesthésie. Tout d’abord, l’embryon sélectionné est prélevé à l’aide d’un cathéter fin, puis introduit par le vagin de la femme dans l’utérus.

Grâce à l’échographie simultanée, il est possible de voir comment l’embryon est laissé dans le fond utérin pour l’implantation.

Dans l’article suivant, vous trouverez toutes les étapes détaillées du transfert d’embryons après un traitement de FIV : Transfert d’embryons: traitement et recommandations.

Congélation des embryons

Dans la plupart des cycles de FIV, les embryons surnuméraires resteront après le transfert d’embryons. Pour donner un exemple, la législation espagnole n’autorise le transfert que de 3 embryons au maximum. Cependant, on observe une tendance croissante au transfert d’un seul embryon au lieu de deux ou trois.

Par conséquent, les embryons qui ne sont pas transférés lors de la première tentative sont vitrifiés pour une utilisation future, soit parce que le premier transfert n’a pas réussi, soit pour pouvoir avoir un deuxième enfant dans l’avenir.

Afin de vitrifier les embryons, ils doivent être de bonne ou moyenne qualité pour que la survie des embryons après dévitrification puisse être garantie.

Si vous voulez savoir comment sont les protocoles de congélation aujourd’hui, vous pouvez lire cet article: Embryons congelés: quel est le taux de réussite de la vitrification?

Si vous devez faire un traitement de fécondation in vitro pour devenir maman, nous vous recommandons d'utiliser le Rapport sur la fertilité. En 3 étapes simples, qui vous permettra de connaître les cliniques à l’étranger qui répondent à nos critères de qualité rigoureux. En outre, vous recevrez un rapport contenant des conseils utiles avant de réaliser des visites dans les cliniques.

Vos questions fréquentes

Est-il possible de faire une injection intra-cytoplasmique avec spermatozoïdes lents?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Oui, la chose la plus importante à faire pour une ICSI est de s’assurer que les spermatozoïdes sont vivants. Dans les échantillons de semence asthénozoospermique, avec une mobilité réduite des spermatozoïdes, on essaie de sélectionner le spermatozoïde qui peut se déplacer aussi droit que possible et qui a une bonne morphologie.

Quand effectue-t-on le DPI après l’ICSI ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Le diagnostic génétique préimplantatoire ou DPI consiste en l’analyse génétique d’une cellule de l’embryon pour savoir si elle subit une altération génétique. Cette biopsie cellulaire se fait normalement 3 jours après l’ICSI lorsque l’embryon compte environ 8 cellules. Cependant, il est également possible de faire du DPI avec des blastocystes, en pratiquant une biopsie de plusieurs cellules du trophectoderme.

Pour davantage d’informations à ce sujet, veuillez lire l’article suivant: Le diagnostic préimplantatoire (DPI): définition, prix et bioéthique.

Quand peut-on faire un test de grossesse après une ICSI ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Dans la FIV comme dans l’ICSI, il est recommandé de faire un test de grossesse au moins 14 jours après la ponction folliculaire. Ainsi, le risque de faux positif ou de faux négatif est minime. Cependant, il est préférable d’effectuer l’analyse bêta-hCG avant un test urinaire pour savoir si elle a réussi, car c’est le test bêta qui est le plus fiable.

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Bibliographie

Zulategui, J; Cobo, A; Romero, J; Galán, A; Albert, C. y De los Santos, M.J. Inyección intracitoplasmática de espermatozoides (ICSI). En: Remohí, J; Cobo, A; Romero, J; De los Santos, M.J. y Pellicer, A. (2008). Manual práctico de esterilidad y reproducción humana. Madrid: McGraw-Hill.

Palermo, G; Cohen, J; Alikani, M; Adler, A. and Rosenwaks, Z. (1995). Development and implementation of intracytoplasmic sperm injection (ICSI), Reprod Fertil Dev, 7(2):211-7.

Vidéo ReproduccionAsistida.Org: Cómo son los tratamientos de estimulación ovárica, par le Dr. Gorka Barrenetxea le 6 octobre 2017 [voir la vidéo originale en espagnol ici]

Vidéo ReproduccionAsistida.Org: ¿es doloroso la punción folicular?, par l'embryologiste María De Las Heras le 19 juillet 2016 - [voir la vidéo originale en espagnol ici]

Vos questions fréquentes: 'Est-il possible de faire une injection intra-cytoplasmique avec spermatozoïdes lents?', 'Quand effectue-t-on le DPI après l'ICSI ?' et 'Quand peut-on faire un test de grossesse après une ICSI ?'.

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Auteurs et collaborateurs

Dr. Gorka Barrenetxea Ziarrusta
Dr. Gorka Barrenetxea Ziarrusta
Gynécologue
Diplômé en Médecine et Chirurgie par l'Universidad de Navarra, spécialisé en Gynécologie et Obstétrique par l'Universidad del País Vasco. Il a plus de 30 ans d'expérience et exerce comme professeur titulaire à l'Universidad del País Vasco et dans le Master en PMA de l'Universidad Complutense de Madrid. Viceprésident de la SEF. En savoir plus sur Dr. Gorka Barrenetxea Ziarrusta
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 484806591
 María de Las Heras Martínez
María de Las Heras Martínez
Embryologiste Senior
Diplômée en Biologie de l'Universitat Pompeu Fabra et Master en Biologie de la Reproduction et Techniques de Procréation Médicalement Assistée de l'Universidad Autónoma de Barcelona, en collaboration avec l'Instituto Universitario Dexeus. Master en Recherche Biomédicale de l'Universidad del País Vasco. Titre d'Embryologiste clinique de la ESHRE. En savoir plus sur María de Las Heras Martínez
 Zaira Salvador
Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Université Politécnica de Valencia (UPV), Biotechnology degree en la National University of Ireland en Galway (NUIG) et embryologiste spécialisée en Médecine Reproductive avec un Master en Biotechnologie de la Reproduction Humaine par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI) En savoir plus sur Zaira Salvador
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Adapté au français par:
 Marie Tusseau
Marie Tusseau
inviTRA Staff
Directrice éditoriale de la revue inviTRA en français et en anglais. En savoir plus sur Marie Tusseau

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