Symptômes les plus communs après un transfert embryonnaire

Par (gynécologue), (embryologiste), (embryologiste) et (invitra staff).
Dernière actualisation: 01/10/2018

Dans le cadre d’une FIV, les symptômes qui se manifestent après un transfert d’embryons (TE) ou après un transfert d’embryons congelés (TEC) sont susceptibles de varier d’une femme à l’autre. Si la grossesse se produit, la patiente peut commencer à sentir les symptômes de la nidation à partir du huitième jour après le transfert positif.

Quoi qu’il en soit, l’absence de symptômes n’est pas forcément synonyme d’échec : une femme peut être enceinte et ne rien sentir. Cependant, il est important de reconnaître les signes qui méritent d’être traités d’urgence.

Le transfert embryonnaire est une procédure simple et indolore qui consiste à déposer un ou plusieurs embryons (3 au maximum) dans l’utérus de la future mère. Il est préférable de se présenter à l’intervention avec la vessie pleine, afin de favoriser l’introduction guidée par échographie du cathéter dans l’utérus.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Quand se produisent les premiers symptômes ?

Après le transfert des embryons, il est normal d’être attentif à tous les changements ressentis. Les émotions sont généralement intenses. Au moindre soupçon, il est naturel que la femme se demande s’il s’agit d’un symptôme et qu’elle se pose des questions : « Est-ce normal ? Dois-je consulter mon médecin ? Suis-je enceinte ? »

La patiente doit attendre deux semaines avant de réaliser le test de grossesse. Cette période de 15 jours correspond au temps nécessaire pour que la nidation se produise. Dans ce cas, le taux d’hormone chorionique gonadotrope humaine (HCG), l’hormone de la grossesse, commence à monter dans le sang.

Surmonter cette étape s’avère souvent difficile pour beaucoup de personnes, qui attendent avec impatience les résultats. Dans l’attente des premiers symptômes, elles peuvent être tentées de réaliser le test de grossesse trop tôt, ce qui conduit forcément à un résultat négatif puisque le taux de HCG n’est pas encore décelable.

Si le transfert est fait à J5 (transfert d’un blastocyste), la femme pourra réaliser le test de grossesse plus tôt que lorsque l’embryon est transféré à J3 (trois jours après la fécondation). La raison est que l’hormone HCG est décelable à partir du 14ème jour après la fécondation : plus le transfert est réalisé tôt, plus la période d’attente est longue.

Un ovule humain fécondé est plus enclin à adhérer à la paroi de l’utérus 8 ou 9 jours après l’ovulation. Néanmoins, ce délai dépend de chaque femme et peut varier entre 6 et 12 jours.

Pour qu’un cycle de FIV soit un succès, l’interaction de deux éléments est de la plus haute importance :

  • Un embryon de bonne qualité
  • Un revêtement de l’utérus réceptif

A partir du 8ème jour, la patiente peut commencer à ressentir les symptômes communs de la grossesse, si celle-ci se produit. Cela inclut des nausées et nausées matinales propre à la grossesse, le rejet de certains aliments, une sensibilité des seins, une légère augmentation de la température du corps, l’absence du retour des règles et une hausse de la température corporelle basale.

Comme nous le commentions précédemment, chaque femme vit le début et l’évolution de sa grossesse à sa façon. Certaines peuvent donc sentir tous les symptômes décrits ci-dessus, d’autres seulement quelques-uns ou même aucun. Parfois, les signes du début de grossesse vont et viennent, sans qu’il y ait lieu de s’alarmer systématiquement.

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Symptômes post transfert les plus communs

Après une FIV, avec ou sans ICSI, les patientes doivent prendre des suppléments de progestérone pour aider leur endomètre à se montrer réceptif à la nidation. Parfois, la progestérone provoque des symptômes semblables à ceux de la grossesse, sans que cela signifie le succès ou l’échec de l’implantation de l’embryon.

Les femmes, enceintes ou non, peuvent donc en venir à présenter les troubles suivants :

  • Sécrétions vaginales abondantes : elles apparaissent généralement durant les premiers jours après le transfert embryonnaire, en raison du niveau hormonal et de la progestérone administrée par voie vaginale. Ce flux peut, en plus, être taché d’un peu de sang plus ou moins sombre.
  • Changements au niveau des seins : les jours suivant le transfert, il est normal de remarquer que la poitrine est un peu plus dure que la normale, gonflée et douce, en plus de noter un chatouillement dans les mamelons et observer un assombrissement des aréoles.
  • Fatigue : elle est due à l’augmentation de l’hormone progestérone, qui lors d’une grossesse naturelle augmente sa concentration pour maintenir le revêtement de l’utérus où est implanté l’embryon. Ainsi, les patientes soumises à un transfert embryonnaire après une FIV ou ICSI doivent prendre des suppléments de progestérone pour entretenir ce revêtement. Dans ce cas, nous ne savons pas si la patiente est fatiguée à cause de la grossesse ou des suppléments hormonaux.
  • Nausées : c’est le symptôme classique de la grossesse, bien que toutes les femmes n’en souffrent pas.
  • Envie fréquente d’uriner : elle est due à l’hormone HCG. Beaucoup de femmes qui suivent un traitement de fécondation s’injectent des stimulants de HCG après le transfert pour aider à maintenir la grossesse si elle se produit. Par conséquent, il est impossible de savoir si cette augmentation urinaire se doit à la grossesse réelle ou aux injections.
  • Absence de menstruation : après un transfert embryonnaire, une patiente doit attendre environ 14 jours pour que ses menstruations arrivent, si le résultat du transfert n’est pas positif.

De manière moins fréquente, des symptômes moins importants peuvent se manifester : insomnie, perte de l’appétit, constipation, ventre gonflé, des crampes vers l’aine, etc. Au cas où ces symptômes empêchent la patiente de mener une vie normale, elle devra consulter un médecin pour les traiter correctement.

Quand commencer à s’inquiéter après un TE ?

La grossesse extra-utérine (GEU) est l’une des complications les plus préoccupantes après une fécondation in vitro : elle met la patiente en danger et est cause de fausse couche. La fréquence de la grossesse extra-utérine est estimée de 1 à 3% par cycle de FIV.

Les GEU se produisent lorsque l’embryon s’implante dans l’appareil reproducteur interne, mais ailleurs que dans l’utérus. L’endroit le plus commun est la trompe de Fallope, mais l’implantation peut se produire dans une autre partie de la cavité abdominale comme l’ovaire ou le col de l’utérus (cervix).

La liste suivante recense les signes préoccupants qui peuvent être les symptômes d’une GEU. Ils tendent à apparaître entre 5 et 14 semaines après la confirmation de la grossesse :

  • Douleur dans le bas ventre : il s’agit probablement du symptôme principal. Elle se manifeste en général sous forme de crampe similaire à celle du syndrome prémenstruel (SPM). Une douleur abdominale peut également apparaître.
  • Saignement brun : c’est un effet secondaire de la stimulation hormonale, que l’embryon se développe ou non. Le saignement peut être léger ou plus important.
  • Signes de grossesse : les changements hormonaux ont lieu comme pour une grossesse intra-utérine. Les symptômes habituels comprennent des changements dans les seins et l’absence du retour de la menstruation.
  • Troubles : vomissements, diarrhées, etc. peuvent se manifester, comme si la femme souffrait d’une maladie gastro-intestinale.
  • Douleurs croissantes et d’origine indéterminée dans le bas-ventre : causées par le saignement de l’extrémité de la trompe de Fallope, s’il y a rupture et même avant. Si elles se produisent, il s’agit d’une urgence médicale. Souvent, la femme les ressent en position couchée.

Si la GEU n’est pas détectée, l’embryon continue à se développer dans la trompe et peut finir par la déchirer, entraînant un saignement intra-abdominal abondant. Les symptômes de la rupture peuvent inclure l’évanouissement, l’accélération du rythme cardiaque, des vertiges, etc.

Une GEU peut être diagnostiquée grâce à l’augmentation du taux d’hormone HCG dans le sang et par une échographie pelvienne. En général, il est rassurant que les niveaux de HCG se multiplient par deux tous les 2-3 jours durant les neuf ou dix premières semaines de grossesse. Des taux plus bas peuvent indiquer une éventuelle fausse couche.

Vos questions fréquentes

Le saignement trois jours après un transfert est-il un signe d’absence de grossesse ?

Par Patricia Recuerda Tomás (embryologiste).

Il est vrai qu’une fois le transfert d’embryon effectué et que l’embryon est implanté dans l’endomètre, il est possible qu’il y ait un léger saignement à la suite du passage du cathéter de transfert dans le col ou de l’invasion de l’endomètre par l’embryon transféré.

La présence d’un saignement après le transfert de l’embryon, en elle-même, n’est pas indicative d’une grossesse ou de son absence, nous devons attendre le test de grossesse pour obtenir des résultats positifs ou négatif.

Quels symptômes sont considérés comme normaux lors de l’attente avant le test de grossesse ?

Par Dr. Jon Ander Agirregoikoa (gynécologue).

Lors l’attente avant le test de grossesse, tout peut arriver. Le fait de ne pas observer de symptôme et le fait d’en observer ne changent rien au résultat: on peut ressentir de la fatigue, des nausées, des gênes abdominales similaires aux règles… Parfois, les patientes peuvent même observer un léger saignement.

Dois-je m’inquiéter si je ne ressens rien dans les jours qui suivent le transfert d’embryons ?

Par Sara Salgado (embryologiste).

Non, la manifestation des symptômes après un transfert embryonnaire varie d’une patiente à l’autre. Une femme peut très bien ne rien ressentir et tomber enceinte, et vice versa.

Face à quels symptômes post transfert embryonnaire faut-il consulter d’urgence ?

Par Sara Salgado (embryologiste).

Après un TE, il faudra se rendre sans perdre de temps au centre de procréation assistée si :

  • Apparaît un saignement abondant similaire aux menstruations avant 14 jours, surtout s’il s’agit d’embryons congelés. Il est important de ne pas le confondre avec le saignement de l’implantation.
  • Une douleur aigüe persiste dans l’abdomen.
  • L’état général empire, avec douleur, céphalées, fièvre, ou autres symptômes propres au mal-être ou anormaux.

Lors de la visite au centre de procréation, les spécialistes effectueront les examens pertinents pour déterminer la cause de ces symptômes inhabituels après le transfert et pouvoir ainsi fournir la meilleure solution grâce au traitement le plus adéquat.

Y a-t-il des symptômes spécifiques au transfert d’embryons congelés (TEC) ?

Par Sara Salgado (embryologiste).

Le transfert d’embryons décongelés se réalise dans les mêmes conditions que pour les embryons qui ne sont pas passés par un processus de vitrification. Les symptômes susceptibles de se manifester sont les mêmes. Cependant, il faut être plus attentif si un saignement abondant se produit dans les deux semaines qui suivent le transfert, et consulter sans retard le centre qui a pratiqué l’intervention.

Si l’embryon transféré provient d’un ovule de donneuse, le ressenti post transfert est-il différent ?

Par Sara Salgado (embryologiste).

Quand une femme bénéficie d’un don d’ovocytes, les symptômes sont exactement les mêmes que dans le cadre d’une FIV avec ses propres ovules. En revanche, quel que soit le type de FIV pratiqué (FIV conventionnelle ou FIV-DO), les symptômes peuvent différer de ceux associés à une grossesse naturelle à cause du traitement hormonal prescrit pour la préparation de l’endomètre.

Si vous voulez approfondir le sujet, vous pouvez consulter l’article suivant : Grossesse après une FIV-DO.

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Cet article vous a intéressé ? Vous attendez un heureux évènement ? Nous vous conseillons d’en savoir plus sur les symptômes de la nidation, lorsque l’embryon réussit à s’implanter dans l’utérus : Symptômes d’implantation embryonnaire.

Si vous envisagez le transfert d’embryons congelés (TEC), peut-être souhaitez-vous en savoir plus sur la technique de la vitrification des embryons : Vitrification des embryons.

Pour plus d’information sur la GEU (causes, symptômes, diagnostic et traitement), suivez le lien suivant : Grossesse extra-utérine.

Enfin, si vous désirez quelques conseils pour affronter la période post transfert : Après le transfert embryonnaire.

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Bibliographie

Auteurs et collaborateurs

Dr. Jon Ander  Agirregoikoa
Dr. Jon Ander Agirregoikoa
Gynécologue
Diplôme en médecine de l'Université du Pays Basque, avec spécialisation en obstétrique et gynécologie. Il a plusieurs années d'expérience dans le domaine de la procréation assistée et est co-directeur et cofondateur des cliniques ART. Il combine également son activité médicale avec l'enseignement à l'Université du Pays basque. En savoir plus sur Dr. Jon Ander Agirregoikoa
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 014809788
 Patricia Recuerda Tomás
Patricia Recuerda Tomás
Embryologiste
Diplômé en Biologie de l'Université d'Alcalá de Henares. Elle est titulaire d'une maîtrise en laboratoire théorique et procédures du laboratoire de reproduction assistée de l'Université de Valence. Elle possède une vaste expérience dans plusieurs laboratoires de procréation médicalement assistée. En savoir plus sur Patricia Recuerda Tomás
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 19882M
 Sara Salgado
Sara Salgado
Embryologiste
Diplômée en Biochimie et Biologie Moléculaire de l'Universidad del País Vasco (UPV/EHU), avec un Master en Procréation Médicalement Assistée de l'Universidad Complutense de Madrid (UCM). Titre d'expert universitaire en Techniques de Diagnostic Génétique de l'Universidad de Valencia (UV). En savoir plus sur Sara Salgado
Adapté au français par:
 Isabelle Gutton
Isabelle Gutton
inviTRA Staff

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