Qu’est-ce que le syndrome de Kallmann de Morsier?

Par (embryologiste) et (invitra staff).
Dernière actualisation: 08/04/2019

Le syndrome de Kallmann, aussi connu sous le nom de syndrome Kallmann de Morsier, est une maladie génétique associée à l’hypogonadisme hypogonadotrope et aux troubles de l’odorat, comme l’anosmie et l’hyposmie.

Cette pathologie peut apparaître aussi bien chez les hommes que chez les femmes, bien qu’elle soit plus fréquente chez les premiers. La prévalence du syndrome de Kallmann est de 1 homme sur 8 000 et de 1 femme sur 40 000.

Comme cette maladie affecte tout l’axe hypothalamus-hypophyse et la production d’hormones sexuelles, le syndrome de Kallmann provoque l’infertilité.

Définition et causes

Le syndrome de Kallmann (SK), ou syndrome Kallmann de Morsier, est une maladie héréditaire qui doit son nom au psychiatre allemand Franz Josef Kallmann (1897-1965).

Ce syndrome a une origine génétique et, selon le type de mutation, son héritage sera autosomique dominant, autosomique récessif ou lié au chromosome X.

La cause principale de cette maladie est le déficit de l’hormone GnRH (gonadotrophine) dû à un échec lors du développement embryonnaire de l’individu.

Plus précisément, il y a un défaut dans la migration des neurones hypothalamiques qui synthétise la GnRH de l’épithélium olfactif vers la région hypothalamique du cerveau.

De plus, il y a aussi un défaut dans le développement du système olfactif et, par conséquent, les personnes atteintes du syndrome de Kallmann souffrent d’anosmie ou d’hyposmie.

La GnRH est l’une des hormones qui contrôlent l’axe hypothalamus-hypophysial. La libération de GnRH par l’hypothalamus stimule la sécrétion de FSH et de gonadotrophines LH par la glande pituitaire.

À leur tour, ces hormones hypophysaires sont responsables de la régulation de tout le développement sexuel chez les hommes et les femmes.

Symptômes

En raison de l’hypogonadisme hypogonadotrope causé par le syndrome de Kallmann, les personnes atteintes auront une maturation incomplète de l’appareil reproducteur et un retard de développement sexuel.

Par conséquent, les hommes et les femmes auront des caractéristiques sexuelles secondaires mal définies une fois la puberté atteinte, ainsi que des problèmes d’infertilité et du coup, il sera compliqué d’avoir des enfants.

Maintenant, nous allons voir comment se manifeste le syndrome de Kallmann chez l’homme et chez la femme :

Chez l’hommes

Selon l’âge et le stade de développement de l’homme, il est possible de détecter diverses altérations liées au syndrome de Kallmann.

Par exemple, pendant la petite enfance, les enfants peuvent souffrir de micropénis et de cryptorchidie, ce qui peut alerter les parents sur cette pathologie.

Après la puberté et à l’âge adulte, les hommes atteints du syndrome de Kallmann auront un phénotype lié à l’hypogonadisme et au manque de testostérone :

  • Densité osseuse et masse musculaire réduites
  • Petit volume testiculaire
  • Dysfonction érectile
  • Diminution de la libido
  • Oligospermie ou azoospermie

Ces personnes ont aussi tendance à avoir une apparence d’adolescentes, car leur caractère enfantin persiste jusqu’à l’âge adulte.

Chez les femmes

Les principaux symptômes du syndrome de Kallmann chez les femmes sont une aménorrhée primaire et un développement mammaire incomplet ou absent à la puberté.

En raison du manque d’hormones sexuelles féminines, comme les œstrogènes, ces femmes ne produiront pas d’ovules et souffriront donc aussi de stérilité.

Autres symptômes

L’un des symptômes les plus caractéristiques du syndrome de Kallmann chez les deux sexes, tel que mentionné ci-dessus, est l’absence partielle ou totale de perception olfactive due au développement incorrect des bulbes olfactifs.

D’autre part, ces personnes peuvent également présenter les altérations suivantes, même si cela est moins fréquent :

  • Anomalies rénales, comme l’agénésie rénale unilatérale
  • Retard mental modéré
  • Déficit auditif
  • Mouvement involontaire des mains ou des yeux
  • Fente dans le palais
  • Bec de lièvre

Diagnostic

Pour déterminer si une personne souffre réellement du syndrome de Kallmann, il existe différentes méthodes de diagnostic :

Analyse des hormones
les hormones FSH et LH sont mesurées, ainsi que les hormones sexuelles testostérone et œstrogènes.
Évaluation de l’odorat
la perception olfactive est valorisée qualitativement et quantitativement. Une IRM peut aussi être faite pour voir les bulbes olfactifs.
Tests cliniques d’hypogonadisme
absence de caractères secondaires, tels que l’aménorrhée, la dysfonction érectile, le manque de libido, etc.
Test génétique
pour identifier la mutation exacte à l’origine de la maladie.

Avant d’établir un diagnostic, il est important de bien faire la différence entre un syndrome de Kallmann possible et un retard normal de croissance et de puberté. Pour ce faire, des tests diagnostiques devraient être effectués après la puberté, après l’âge de 15-16 ans.

Traitement

Le traitement du syndrome de Kallmann est axé sur la virilisation ou la féminisation pubertaire des patients.

Pour ce faire, il sera nécessaire de suivre une hormonothérapie substitutive qui permet de développer et de maintenir les caractéristiques sexuelles secondaires. D’une part, les poils du corps, la voix plus grave, le développement musculaire et osseux chez les hommes et, d’autre part, le développement des seins, des menstruations, des poils pubiens, etc. chez les femmes.

Le traitement du syndrome de Kallmann doit généralement être maintenu à vie.

Chaque fois qu’une personne atteinte du syndrome de Kallmann veut avoir des enfants, le traitement hormonal doit être modifié afin de rétablir la fertilité. Ensuite, nous allons préciser certains traitements en fonction du sexe :

Homme avec le syndrome de Kallmann
des injections répétées de GnRH favoriseront la spermatogenèse et il y aura des spermatozoïdes à partir du troisième mois. Il est également possible d’essayer la hCG suivie de la FSH, car elles augmentent la concentration de testostérone intratesticulaire.
Femme avec le syndrome de Kallmann
des médicaments hormonaux seront administrés pour provoquer une légère stimulation ovarienne, puis des rapports sexuels seront programmés. C’est ce qu’on appelle des rapports sexuels dirigés.

Si la grossesse n’est pas obtenue avec ces traitements ou s’il y a d’autres altérations plus graves de la fertilité, le couple devra recourir à des techniques comme l’insémination artificielle (IA) ou la fécondation in vitro (FIV).

Il sera également intéressant d’envisager un diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) dans le but de prévenir la transmission de cette maladie à l’enfant.

La procréation médicalement assistée, comme tout traitement médical, exige que vous fassiez confiance au professionnalisme des médecins et de la clinique que vous avez choisis. Évidemment, tous ne sont pas identiques. Le Rapport sur la fertilité va sélectionner pour vous les cliniques les plus proches de vous et répondant à nos critères de qualité rigoureux. De plus, le système effectuera une comparaison des prix et des conditions proposées par les différentes cliniques afin de faciliter votre prise de décision.

Enfin, en ce qui concerne la récupération du sens olfactif, il n’existe actuellement aucun traitement.

Vos questions fréquentes

Quelles sont les caractéristiques du syndrome de Kallmann ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Le syndrome de Kallmann consiste en un hypogonadisme hypogonadotrope congénital, car il a une origine génétique et héréditaire. Cependant, il est également possible que les mutations qui sont à l’origine de cette maladie apparaissent de novo.

Les personnes affectées auront un développement inefficace de caractéristiques sexuelles secondaires une fois qu’elles atteindront la puberté, ce qui conduit également à l’infertilité.

D’autre part, le syndrome de Kallmann provoque également des altérations dans la perception de l’odorat, comme l’anosmie et l’hyposmie.

Quels sont les gènes qui causent le syndrome de Kallmann ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Il existe plusieurs mutations génétiques avec différents types d’hérédité qui peuvent mener au syndrome de Kallman :

Héritage lié au sexe : KAL1 (Xp22.32)
Héritage autosomique dominant : FGFR1 (8p12), FGF8 (10q25-q26), CHD7 (8q12.2) et SOX10 (22q13.1)
Héritage autosomique récessif : PROKR2 (20p12.3) et PROK2 (3p21.1)
Selon la mutation et le gène affecté, les porteurs du syndrome de Kallman devront considérer leurs options de reproduction afin que cette pathologie ne puisse être transmise à un enfant.

La rédaction vous recommande

Comme nous l’avons dit, le syndrome de Kallmann est une maladie génétique héréditaire. Si vous voulez connaître tous les détails sur les types d’hérédité et le risque de transmission, nous vous encourageons à continuer à lire le post suivant : Diagnostic préimplantatoire: quelles maladies sont détectées?

Pour comprendre le syndrome de Kallmann, il est important de connaître toutes les hormones sexuelles impliquées dans le corps des hommes et des femmes. Vous trouverez toutes ces informations ici : Hormones sexuelles.

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Bibliographie

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Vos questions fréquentes: 'Quelles sont les caractéristiques du syndrome de Kallmann ?' et 'Quels sont les gènes qui causent le syndrome de Kallmann ?'.

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Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Université Politécnica de Valencia (UPV), Biotechnology degree en la National University of Ireland en Galway (NUIG) et embryologiste spécialisée en Médecine Reproductive avec un Master en Biotechnologie de la Reproduction Humaine par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI) En savoir plus sur Zaira Salvador
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Adapté au français par:
 Marie Tusseau
Marie Tusseau
inviTRA Staff
Directrice éditoriale de la revue inviTRA en français et en anglais. En savoir plus sur Marie Tusseau

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